Envoyé il y a quelques mois par l’auteur, cet écrit atypique a traîné trop longtemps dans ma PAL … il est temps de vous en parler !

J’ai été très surprise par la forme empruntée par ce texte – ou plutôt ces textes. Sous-titré « rêves d’insomniaque transcrits dans un journal de bord judicieusement déraisonnable« , il se présente en effet comme un journal du sommeil et plus particulièrement des rêves du narrateur. L’occasion de déblatérer sur ce thème, par des textes en prose ou en vers.

Au fil des jours, une inquiétude ressort des pages : « rendre gorge à la langue. Cet entêtement est, sur le papier, un plan criminel voué à l’échec : les mots ne se laissent pas faire. Ils ne seront jamais des moutons égorgés. » Or la nuit et le rêve ont tendance à couper toute possibilité de les exprimer.

A chaque court chapitre, une petite citation introduit le thème, et elle est souvent judicieusement choisie : « Lorsqu’un homme rêve, ce n’est qu’un rêve. Mais si beaucoup d’hommes rêvent ensemble, c’est le début d’une nouvelle réalité. » (F. Hundertwasser). Les délires se succèdent, les dialogues aussi : avec les personnages de ses rêves, surgis du passé, avec un ange gardien ou parfois même avec le marchand de sable !

Au final ces petites poésies – en vers ou en prose – ne sont pas sans manquer de charme. L’auteur joue gaiement avec les mots, pour tenter d’exprimer son ressenti de notre activité nocturne, à laquelle personne n’échappe : « Le sommeil est notre pain quotidien cuit dans un four de coton. »

J’ai donc été sensible à sa manière de parler du sommeil, si important dans nos vies, à la fois si enchanteur et parfois si problématique …

Bref, de courtes pages mais du plaisir à la lecture de ce journal décousu, original et tellement peu attendu.