« It was the masterful and incommunicable wisdom of eternity laughing at the futility of life and the effort of life. It was the Wild – the savage, frozen-hearted Northland

Avec un style propre au XIXe siècle – mais bien américain –, Jack London nous transporte dans les grands froids d’Alaska, les sombres forêts où hommes et chiens connaissent les rigueurs d’hivers terribles … Sans parler des loups qui, affamés chaque hiver, n’hésitent pas à les attaquer pour rassasier leur bande. Au printemps, quand le gibier revient, c’est le moment où les couples de ces carnivores se forment. Et voici le petit louveteau gris, seul rescapé de sa portée, qui émerge dans ce monde cruel – animal. On le voit se développer, découvrir son univers, et apprendre la première de ses leçons : c’est un carnivore, il doit chasser.

Et puis la deuxième leçon, malheureusement apprise trop tard : ne pas s’approcher des hommes. Soumis à leur rythme de vie, qui lui semble incompréhensible, et à la domination complète, White Fang se laisse dompter, et très rapidement, devenir dépendant de ces « dieux » qui lui apportent sécurité, nourriture et chaleur. Et c’est mon premier serrement de cœur. Bien d’autres suivront durant les trois quarts de ce livre d’une dureté terrible, où les combats se succèdent pendant que la haine se répand dans le cœur du loup.

Car si les Indiens le protège des hommes, ils ne protégeront pas le jeune loup des autres chiens, qui sentent en lui la trace de leurs ennemis – et pourtant ancêtres – sauvages: « He symbolized [the Wild]. » Harcelé, battu sans pitié, séparé de sa mère, le jeune White Fang est élevé dans la haine des chiens. Bientôt, il découvrira aussi la méchanceté des « mad gods », les méchants dieux qui le transformeront en un loup de combat. « Hated by his kind and by manhood, indomitable, perpetually warred upon and himself waging perpetual war, his development was rapid and one-sided. […] The code he learned was to obey the strong and to oppress the weak. »

Jusqu’à ce qu’un dieu plus aimant adopte White Fang … « It was the beginning of the end for White Fang – the ending of the old life and the reign of hate. A new and incomprehensively fairer life was drawing. »

Je ne vous en dis pas plus au cas où vous ne connaîtriez pas l’histoire … Je pensais l’avoir lu plus jeune, mais en le refermant il m’a semblé évident que cette histoire ne me disait rien du tout ! Attaqué au départ pour rafraîchir mon anglais, ce fut aussi l’occasion de découvrir ce classique, en version originale.

Si j’ai apprécié la lecture de ce roman, j’en ai trouvé parfois la construction était un peu lourde, me lassant des descriptions de combats, et de considérations sur le caractère du jeune loup, comme si l’auteur noircissait le trait pour mieux terminer sur du positif – trop court à mon goût !

A part cette remarque, c’est un très beau roman qui m’a incité à réfléchir sur le rapport entre animaux et humains. Mais qui m’a également fait rêver (je veux un loup !), tout en claquant des dents durant mes heures de lecture …

Un petit bémol encore pour finir : est-ce censé être un livre pour la jeunesse ? vu les scènes violentes de combat, je le déconseillerais aux plus jeunes (ou alors en version adaptée ?), ce qui est dommage car c’est un magnifique roman, plein d’émotions et de valeurs (vers la fin !).

A lire donc, à tous âges – mais à partir de 10 ans minimum !