Cela fait tellement de temps que ce recueil de « poèmes d’humour pour en voir de toutes les couleurs » traîne sur mon bureau que j’ai presque honte de ne vous le présenter que maintenant ! Pourtant, j’ai enfin pris mon courage à deux mains, et je vous en parle car il vaut sa lecture !

Vous êtes fâchés avec la poésie ?

Votre vie est triste et froide – autant que la météo française en ce moment ?

Alors ces poèmes sont faits pour vous !

Cette anthologie, établie par Christian Poslaniec et publiée aux éditions Seghers pour le Printemps des Poètes en 2009 (11e édition consacrée au rire), est un petit bijou d’humour et c’est le cas de le dire ! Bons mots, poèmes, calligrammes se succèdent, se dégustent et engendrent inévitablement un sourire ou un rire. Un bon moment à passer en cas de grisaille, compagnie de Roland Dubillard, Jules Laforgue, Théophile de Viau, George Perec, etc.

D’ailleurs, le recueil est classé en différentes catégories : le rire noir (l’humour féroce), le rire bleu (l’humour de l’amour), le rire jaune (l’humour grinçant), le rire rouge (l’humour de la colère), le rire blanc (l’humour de l’absurde), le rire rose (l’humour moqueur) et enfin le rire orange (l’humour langagier) ! Une anthologie donc très complète, qui brise l’image d’une poésie douloureuse, triste, peuplée de poètes en mal de vivre. Elle nous invite à aller plus loin, à dépasser les grands classiques : « Dans les fatrasies médiévales jusqu’aux actuels chahuteurs de langue, en passant par les pataphysiciens ou les dadaïstes, la poésie n’a cessé de recourir au burlesque, à l’humour, à la satire. Oui, tous les rires sont dans la poésie, sauf le vulgaire et le mesquin, car, même s’il rit, le poète reste poète : questionneur, rebelle, éveilleur de conscience. »

Enfin, chaque chapitre est par ailleurs clôturé par de « Petites piques » de toutes les couleurs, explosion de perles très drôles. Extraits.

« On a construit
des gratte-ciel !
Comme si le ciel avait des démangeaisons ! » (Michel Bruneau)

« Le premier homme qui est mort a dû être drôlement surpris. » (Wolinski)

Et la dernière, spéciale Lili Galipette !

« A la chasse, les lapins gagnent parfois.
Malheureusement,
on les oblige à rejouer
le dimanche suivant ! »

N’hésitez donc pas, c’est un ouvrage de qualité qui vous fera mourir … de rire ! 🙂