Lu pour le Club des Lectrices !

La Librairie Tanabe nous avait séduit par son titre et la défense de George qui proposait ce roman pour le mois de novembre des Lectrices. Au fur et à mesure que les membres du Club le découvraient, j’avais pourtant de moins en moins envie de le lire :

1) ce sont des nouvelles

2) policières qui plus est.

Je l’ai donc attaqué de mauvaise grâce, car vous savez que ce ne sont pas mes genres favoris … Et bien j’ai été surprise !

1) Finalement, si ce sont en effet des récits distincts, ils se suivent chronologiquement et ont une unité de lieu et de personnages qui renforce leur cohérence.

2) « récits policiers » est un bien grand mot, sachant que ce sont des petits enquêtes sympathiques …

Mais laissez-moi vous en dire plus ! Monsieur Iwa est libraire à Tokyo, et tient la librairie d’occasion Tanabe avec l’aide occasionnelle de son petit-fils, Minoru, collégien. Il a repris ce commerce à la place de son meilleur ami, mais n’a pas de formation littéraire. Par l’intermédiaire de leurs clients, les deux personnages vont se retrouver mêlés successivement dans des affaires de meurtres et de disparition. Les livres jouent souvent le rôle de témoins ou d’éléments déclencheurs pour trouver la solution des énigmes. Le libraire n’a en effet rien d’un détective officiel, et l’on a un peu l’impression qu’il résout les cas au petit bonheur la chance, grâce à son don pour la déduction et son flair digne de Sherlock Holmes.

Ce recueil est composé de 5 récits : De terribles années; Mort sans mot dire; Le Clairon menteur; Le Chasseur solitaire; Un mois de juin peu ordinaire. S’ils ne manquent pas de charmes, les nouvelles de ce grand nom de la littérature japonaise sont de qualité inégale, du côté des histoires : les deux premières ont eu tendance à me rebuter, mais les trois dernières sont bonnes.

Dans toutes, on y retrouve pourtant une ambiance tranquillement japonaise, peuplée de saké, poissons crus et tatamis, et des mentalités différant considérablement de la nôtre. Chaque récit apporte une pierre à cet édifice, qui se construit autour du personnage central de ce libraire malgré lui. Ce dernier aspect (mercantile) a pu gêner certains lecteurs qui s’attendaient à un monde plus livresque. Pour ma part, je n’ai pas vraiment été déçue, ayant pris mon parti dès le début que la littérature ne serait pas si présente que ça. Il faut faire attention à ne pas projeter ses attentes sur un roman, et éviter de juger le livre par cet biais.

La construction est donc un peu étrange : ce sont des récits indépendants mais en même temps, si on pourrait lire la dernière nouvelle en premier, ce serait dommage car on apprivoise les personnages au fur et à mesure des enquêtes. Par contre, j’ai eu l’impression que l’auteur hésitait entre roman et nouvelles car il nous entraîne parfois sur des sujets, familiaux par exemple, qui n’apportent pas grand-chose à une nouvelle de 50 pages. Cette ambivalence m’a gêné.

Et puis, je ne peux que mettre un bémol sur l’ensemble de ces textes : j’ai trouvé la langue exécrable, pleine d’approximations, et les dialogues sonnent souvent faux (malgré quelques touches d’humour). Ce qui m’a empêché de les apprécier complètement.

Je me demande s’il n’y a pas un gouffre culturel qui nous empêche de savourer pleinement ce genre de récits … car je ne peux écarter l’idée que ce recueil n’est pas mal mais que je n’en ai pas goûté toute la saveur …

En bref, une lecture agréable qui a accroché mon attention, mais sans plus.