« Vous êtes Viviane Elisabeth Fauville. Vous avez 42 ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. »

Ce court texte est assez étrange. Non par son histoire, qui quoique originale – tuer son psychanalyste parce qu’il vous énerve – n’est pas extraordinaire, mais bien par son traitement, qui induit une désorientation du lecteur. En effet, la particularité du roman est d’alterner les points de vue, par le changement des pronoms : du « vous » au « elle » en passant par le « je« , cet imbroglio d’identité complique la tâche du lecteur et on en vient à se demander si nous ne sommes pas dans la tête même du personnage, une Vivianne Elisabeth Fauville qui s’emmêlerait dans la perception de ce qu’elle est. Une explication renforcée par sa manière étrange et confuse de se comporter depuis que son mari l’a quittée.

La peinture d’une femme qui cherche ses repères mais qui dégringole, sans personne pour l’aider. Une femme ambiguë, que l’on a du mal à cerner, et qui agit en dépit du bon sens. En même temps, que ferions-nous si nous avions tué notre psychanalyste, sur un coup de tête ?

Une lecture qui met mal à l’aise (le but de la littérature ?), mais si j’ai d’abord été intéressée par ce premier roman, publié aux Editions de Minuit, ce qui est assez rare, je n’ai pourtant pas été éblouie. Le texte sort de l’ordinaire, on sent qu’il a été travaillé, que le style participe de l’histoire, qu’il en est l’essence même. Pourtant, le thème m’a laissé froide et le personnage de Viviane m’a semblé sans intérêt, trop dérangeant aussi.

Malgré tout, la fin a su me surprendre, et me faire sourire. Une jeune auteur prometteuse ? sûrement …

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