C’est l’histoire de trois petits soldats qui décident d’aller se promener dans les bois. Tout semble aller bien jusque là ? Eh bien non. Parce qu’ils sont Allemands. Parce que c’est la Seconde Guerre mondiale. Parce que pour avoir droit d’aller se « promener », plutôt que d’exécuter de pauvres gens dans leur camp, ils ont promis de ramener un Juif.

Moi qui m’était dit que je ne relirai pas de sitôt un énième, énième, énième roman sur la Seconde guerre mondiale, je me suis fait piégée, alléchée par quelqu’un qui en parlait bien. Fort heureusement, c’était un roman court, dévoré en moins de deux heures. Non pas que je me suis ennuyée. Mais simplement qu’il avait une terrible odeur de déjà vu.

Certes, la manière dont Mingarelli nous décrit les soldats, à bout de nerfs (« on n’en pouvait plus »), oppressés par « le froid silence de l’hiver » qui n’en finit plus, affamés et un brin désespérés, est intéressante. Mais je n’ai rien trouvé que je ne sache déjà. On se doute que les Allemands étaient des hommes comme les autres, qu’ils avaient leurs faiblesses, que les Juifs étaient des victimes, qu’on ne peut pas les excuser. Pourquoi ressasser ça encore dans un roman ?

Enfin, j’ai surtout trouvé des échos avec le seul autre roman que j’ai lu de lui, Quatre soldats, qui met en scène des soldats de l’Armée rouge en perdition sortant d’une forêt où ils ont passé un hiver terrible. L’hiver, le manque de nourriture, tout est repris ici, et cette proximité m’a un peu énervé, comme si l’auteur s’était dit « tiens, j’ai eu le Prix Médicis pour celui-ci, retentons le coup sur le même sujet ? ».

En conclusion, je ne veux pas paraître méchante, je n’ai rien contre le roman en lui-même : la manière dont est traitée la question des souvenirs – destructeurs – pour les soldats, la haine du Polonais contre le Juif, le froid de l’hiver et des sentiments, le huis-clos terrible ; tout cela est intéressant. Mais je m’attendais à quelque chose de plus original, nous changeant des bons sentiments et des romans sur la guerre. Un manque qui l’expulse des romans remarquables de la rentrée littéraire.

Sur le même thème, je vous conseillerais plutôt Éducation européenne de Romain Gary, d’une autre ampleur.

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