C’est après avoir lu le deuxième tome que j’ai eu envie de vous parler de ce coup de cœur de jeunesse ! Le Manuel de survie de Stanley Yelnats est en effet la suite et le pâle avatar de ce bouquin génial qu’est Le Passage, même si on y retrouve l’ambiance et l’humour noir du narrateur.

« Méfiez-vous.
Ce livre va vous donner envie de croquer des oignons crus.
De creuser des trous de 1 mètre 30 de diamètre et de profondeur.
D’escalader une montagne.
De respirer vos vieilles baskets.
De mettre du rouge à lèvres avant de partir à la poursuite de vos ennemis.
De tout savoir sur l’existence oubliée de votre arrière-arrière-arrière-arrière grand mère. « 

Book award en 1998, de la Newberry medal en 1999 et du prix Sorcière en 2001, lu il y a bien 15 ans, Le Passage me trotte encore dans la tête. Il raconte le passage du jeune Stanley Yelnats, dit L’Homme des cavernes, au redoutable Camp du lac vert, officiellement camp de redressement pour mineurs.

« Le Camp du Lac Vert est destiné aux mauvais garçons.
Si on prend un mauvais garçon et qu’on l’oblige à creuser touts les jours un trou en plein soleil, il finira pas devenir un gentil garçon.
C’est ce que pensent certaines personnes.
Stanley Yelnats avait eu le choix. Le juge lui avait dit : « Où bien vous allez en prison, ou bien vous allez au Camp du Lac Vert. »
Stanley était né dans une famille pauvre. Il n’avait jamais fait de camping. « 

Or, là-bas, les jeunes se remettent les idées en place en creusant des trous d’1m de diamètre et de profondeur. La vie y est dure, l’eau et la nourriture rationnées, et l’évasion presque impossible. Les jeunes garçons sont donc bien obligés de se plier à cette discipline de fer, et de serrer les dents en attendant la fin de leur peine … Ou alors de marcher sur un serpent à sonnettes pour être envoyé à l’hôpital.

« Que faire si tu es mordu par un serpent à sonnettes ? Ne panique pas, la bonne nouvelle c’est que, d’une façon ou d’une autre, tu vas quitter le Camp du Lac vert. »

Sous la férule de la terrible directrice, qui a son idée derrière la tête sur le pourquoi des trous, et de l’horrible conseiller d’éducation, les garçons développent des stratégies de survie. Ils se protègent, s’entraident. C’est donc aussi une belle leçon d’amitié.

De plus, avec un humour qui les rend plus légères, Louis Sachar pose des questions sur l’éducation, les sanctions, le racisme, etc.

En bref, un roman rude, atypique, déstabilisant, mais qui marque …

Le Manuel de survie de Stanley Yelnats pour le camp du lac vert permet de nous replonger dans cet univers : s’adressant à un hypothétique pauvre garçon envoyé à son tour au camp du lac vert, on y apprend les règles, les dangers, les réactions à avoir (sous forme de tests, très drôles), et puis aussi ce que sont devenus les garçons depuis leur sortie du camp …

En bref, une belle redécouverte du roman initiatique de Louis Sachar, ce merveilleux conteur …