Rosa Candida c’est le nom d’une fleur à 5 pétales créée par la mère du narrateur. Mère qui s’est tuée quelques années plus tôt dans un accident de voiture. De ce deuil, son fils et son mari n’arrivent pas à se relever. Son souvenir leur revient sans cesse, ils tentent de retrouver ses recettes, ses habitudes, etc. Mais surtout, ce qui restera, c’est son goût immodéré pour le jardinage. Une passion partagée par son fils, au point de se faire embaucher pour restaurer une célèbre roseraie moyen-âgeuse« où l’on trouve sans doute plus de variétés de roses en un seul et même endroit qu’en aucun autre lieu de l’univers. »

Les nombreux échos positifs sur ce roman, en particulier celui de ma mère, m’ont poussé à l’ouvrir assez rapidement, car on me l’a offert lors d’un SWAP pour mon anniversaire. Lu rapidement, quelques jours après j’en suis toujours à me demandée le pourquoi de l’engouement général pour ce texte.

Je ne peux nier la qualité d’écriture de l’auteur, claire, nette, manquant peut-être toutefois un peu de poésie.

Certes le personnage est attachant, et sa passion pour le jardinage, la manière dont il en parle est intéressante. Mais la seconde partie du roman est consacrée à son expérience de père. Alors, un fin sourire d’amusement face à ses tentatives a laissé la place à un énervement liée à mon attente d’une évolution de l’histoire.

En effet, au-delà de sa vie au quotidien, de ses repas détaillés et de son échec à reconquérir la mère de sa fille, le personnage offre peu d’intérêt. Le jardin est à peine évoqué, et même si les plantes sont présentes, elles ne sont finalement pas le centre du roman. Le sujet m’a semblé être le deuil de sa mère, qu’il ne parvient pas à dépasser : pourtant, « je sens que maman commence à disparaître, j’ai tellement peur de ne plus pouvoir bientôt tout me remémorer. » Ce défaut de deuil semble l’empêcher de se développer et de mûrir. La mort est une de ses inquiétudes principales, avec les roses et le sexe. Chose naturelle par ailleurs, comme le lui démontre un ami moine , ayant relevé dans la Bible le nombre de fois où ces trois choses sont citées ! Et finalement, c’est la paternité elle-même qui lui permettra d’évoluer … Or ce sont ces passages-là, que tout le monde trouve beaux et poétiques, qui m’ont semblé les plus longs …

Malgré tout, ce que j’ai le plus apprécié, ce sont les relations tissées entre tous les personnages : amour (de son père, et pour sa fille), tendresse (pour son frère autiste), amitié (vers les moines), etc. C’est une vraie douceur qui se dégage de ces pages. Cependant, pour moi, ce n’est pas un roman qui résiste. J’ai lu « il coule tout seul ». En effet, mais trop, le rendant trop facile, sans éclat.

En bref, un livre sensible et beau. Mais qui n’a pas réussi à me toucher …

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Lettre O !