Inauguration d’une nouvelle rubrique, qui va trouver tout son sens ce mois-ci : celle des livres que j’ai abandonné. En effet, il nous ait tous arrivés une fois dans notre vie de lecteur de se dire, « ce n’est pas possible je ne le finirai jamais. » Soit à cause du texte lui-même, soit parce que ce n’est pas la bonne période – et vous savez comme le contexte dans lequel la lecture s’effectue est important. En l’occurrence, pour un des livres de ce mois, c’est le contexte qui ne me convenait pas. Je vais donc commencer par expliquer mon abandon de Voyage en France d’Henry James.

Un auteur que j’apprécie beaucoup pourtant. Cependant, ce texte était un peu particulier, et je m’en suis vite rendu compte. Voyage en France a été écrit après … un voyage en France ! Effectué par James au milieu du XIXe. Un long périple qui nous semble peu important maintenant mais qui a dû être effroyable avec les moyens de communication de l’époque ! De Paris au Sud-Ouest, James a sillonné les routes françaises et pu goûter à leur charme, mais sans oublier de disséquer nos coutumes avec son oeil aiguisé d’écrivain américain.

Cependant, si cela semble intéressant, j’ai dû m’arrêter à une centaine de pages. Les chapitres étaient courts, consacrés à une ville visitée à chaque fois. Or, si j’ai pu apprécier la description de villes que je connaissais, et surtout leur description au XIXe, avec la plume de James, je me suis rapidement lassée de longs textes sur des villes inconnues, et de l’admiration de l’écrivain pour des merveilles architecturales que je ne visualisais pas …
Bref, je me suis promis de garder ce livre dans un coin, et de le reprendre à l’occasion de voyages qui me porteraient dans des contrées décrites par James ! Une belle expérience en perspective … et un livre en stand-by en attendant !

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Le deuxième livre présenté aujourd’hui sera un abandon disons … intellectuel ! Ce fut les Fictions de Borges, texte abandonné au bout de cent pages environ. J’ai fait l’effort de parvenir jusqu’au texte qui m’intéressait le plus, La Bibliothèque de Babel, mais je n’ai pas eu le courage d’aller plus loin. En effet, la plupart des textes m’ont paru abscons, bardés de références que je ne connaissais pas, érudites, historiques, littéraires. En somme je m’en suis rapidement lassée. On n’aime rarement avoir l’air idiot en lisant un livre …

Peut-être est-ce un abandon provisoire. Peut-être le reprendrai-je dans quelques années. Mais en attendant, Borges ne fait plus partie de mes priorités, alors que c’était un auteur qui m’intéressait …

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Enfin, pour le troisième roman je vais moins développer car ce fut un abandon moins réfléchi, plus instinctif ! Murtoriu de Marc Mingarelli faisait partie de la présentation de la rentrée littéraire à laquelle j’ai pu assister à la bibliothèque où je travaille. La personne référent m’avait alléchée en évoquant un roman, publié chez Actes Sud, qui fut un échec commercial. Elle l’expliquait en partie parce que l’auteur maltraitait le lecteur. Ce point m’intéressait mais comme les premières pages commençait un peu à la manière d’un roman policier, avec une agression violente, je l’ai aussitôt refermé. J’ai peut-être eu tort … mais des fois il faut écouter son instinct, ce n’était pas un livre pour moi !

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Voilà j’en ai fini pour mes abandons du mois de novembre, finalement ce fut un exercice intéressant car il m’a permis de réfléchir sur mes motivations pour un acte toujours un peu traumatisant pour un lecteur : l’abandon d’un livre. J’ai d’ailleurs l’impression de ne m’être jamais vraiment remise de mon tout premier abandon, Les Grandes Espérances, le premier roman qui m’a résisté, alors que j’avais une dizaine d’années. Mais celui-là, c’est sûr, je le reprendrai !

A bientôt pour de nouvelles chroniques de livres abandonnés !