allumettes

Mon premier Robert Sabatier, à quelque temps de la mort de ce « grand » auteur français, ce qui m’avait poussé à lire ce roman, qui est apparemment un des plus connus.

Olivier, 10 ans, enfant de Montmartre, vient de perdre sa mère. Recueilli par des cousins habitant dans la même rue, il attend que le conseil de famille statue sur son sort. En attendant, supposé traumatisé par le drame de se retrouver orphelin, il est retiré de l’école. Livré à lui-même, il sillonne la rue qui est une petite famille à elle-seule, avec son charcutier, son rebouteur, ses mégères, son cinéma. Par cercles concentriques plus ou moins calculés, Olivier partage ses journées entre le cinéma, les copains, parfois une journée de travail. Dans son quartier qu’il ne quitte jamais, il est heureux. Mais une menace plane, celle d’être confié à de lointains parents, loin de la Rue, un personnage elle-même.

« La rue, comme une barque légère amarrée à la capitale, tanguait, fragile, au fil des événements, luttait contre les misères quotidiennes, parfois prenait de l’altitude ou chantait pour oublier ses malheurs. […] Ce petit bout de la rue Labat, c’était le cinéma du pauvre, le paradis des mal logés, le lieu de la liberté, l’espace d’une aventure. »

Autant l’avouer de suite, l’histoire est très ténue dans ce court roman. Il aurait aussi bien pu être présenté sous forme de scénettes avec Olivier en personnage principal : Olivier au cinéma, Olivier travaille, etc. Cette succession de petits événements m’a un peu lassé au final, tout comme m’a énervé le désœuvrement dans lequel l’enfant est laissé, seul dans sa douleur sans sa mère. Seul lorsque ses copains sont à l’école. Et pourtant, il reste optimiste. Traité de vaurien et de voyou (gentiment) par ses cousins car il traîne toute la journée (alors qu’on ne lui propose rien d’autre ..), il tente d’aider, d’être gentil et de garder un bon fonds malgré les épreuves.

« Atteint par la mélancolie, Olivier, sans mère, sans sœur, pensa que durant des soirs et des soirs, il errerait ainsi dans la nuit à la recherche de quelque chose qu’il ne pourrait jamais rejoindre, se réchauffant mal, comme aux braseros d’hiver, à des foyers étrangers, les siens étant éteins à jamais. » […] « Il serait toujours seul. Les gens ne s’aimaient pas vraiment. Il aurait des amis, mais ils passeraient sans jamais s’arrêter. Il ne ferait pas vraiment partie d’eux comme il faisait partie de Virginie, de ses pensées, de son corps. Et d’elle, il ne gardait que des images, des souvenirs qui perdraient peu à peu leur vérité. »

Roman du Paris des années 1930, roman de l’enfance, dans la lignée de La Guerre des boutons, c’est un roman léger, agréable, mais pas vraiment un coup de cœur car j’avoue avoir attendu qu’il se passe quelque chose. Plus que jamais ici, j’ai eu l’impression que je ne l’ai pas lu au bon moment …

Néanmoins, j’ai vu que Les Allumettes suédoises n’étaient que le premier tome des aventures d’Olivier donc cela me fait reconsidérer le roman qui ne forme pas un tout en soi. Je vais donc continuer à les lire, et peut-être reviendrais-je vous en parler de manière plus approfondie …

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