douleur

J’avais lu Moderato Cantabile, pour découvrir cet auteur. J’en étais ressortie sans grande émotion et me disant que Duras n’était pas pour moi. L’année dernière, les Lectrices m’ont convaincu de retenter et nous avons lu Les Petits Chevaux de Tarquinia. Un second échec. Si j’ai su reconnaître la qualité du travail de Duras, je n’adhère décidément pas à sa manière d’écrire, ses phrases courtes, brisées. Et ses histoires qui n’ont jamais vraiment pu retenir mon attention …

Et là, vous attendez la chute, que je vous dise : et bien j’ai adoré La Douleur ! Certes, on me l’a conseillé et re-conseillé, m’assurant qu’il était différent des autres, qu’il était superbe, que j’allais pleurer à la fin. Mais non. Toujours pas. Je m’explique.

« J’ai retrouvé ce journal dans deux cahiers des armoires bleues de Neauphle-le-Château.
Je n’ai aucun souvenir de l’avoir écrit.
Je sais que je l’ai fait, que c’est moi qui l’ai écrit, je reconnais mon écriture et le détail de ce que je raconte, je revois l’endroit, la gare d’Orsay, les trajets, mais je ne me vois pas écrivant ce Journal. Quand l’aurais-je écrit, en quelle année, à quelles heures du jour, dans quelles maisons ? Je ne sais plus rien. » […]

Le narrateur introduit son roman par un texte indiquant qu’elle a retrouvé un journal, dont elle n’a aucun souvenir de l’avoir écrit. Pourtant, celui-ci décrit une situation qu’elle a connu, l’attente de son mari déporté, Robert Antelme, à la fin de la Seconde guerre mondiale; mais elle ne se reconnaît pas dans les sentiments, dans les pensées qui s’y trouvent. Des émotions qui sont le reflet de l’atmosphère de l’époque : « la pensée est empêchée de se faire, elle ne participe pas au chaos mais elle est constamment supplantée par ce chaos, sans moyens, face à lui. »

En partie autobiographique, La Douleur évoque celle d’une femme perdant presque la raison face à l’attente et à l’incertitude. Mais c’est aussi la douleur de tout un peuple qui voit rentrer ses hommes meurtris, et qui découvre des crimes et des blessures qu’il ne soupçonnait pas.

A la suite du récit principal, on trouve quelques nouvelles suivant un personnage nommé Thérèse qui semble évoluer dans le même monde que la narratrice précédente.

Cependant, malgré toutes ses qualités, et malgré le contexte d’écriture (en plein milieu de la Seconde guerre mondiale), malgré la part autobiographique qui devrait rajouter à l’émotion, j’ai l’impression d’être passée à côté du texte, ne parvenant pas à ressentir vraiment la douleur de cette femme que je ne comprenais pas.

J’ai conscience que mon article est un peu faiblard, mais réellement, je n’ai rien à ajouter …

PS : on m’a conseillé Un barrage sur le Pacifique, il paraît qu’il est à part dans son œuvre, mais cette fois-ci je crois que ma rupture avec Duras est totale, je n’y arrive pas ..

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Babelio ABC

Lettre D !