partir

Azel a une vingtaine d’années, un diplôme de droit en poche. Sauf qu’il vit au Maroc et que le taux de chômage des jeunes est tel que ces derniers n’ont pour solution que d’émigrer …

« Et toi, lui dit-il, que veux-tu faire plus tard
– Partir.
– Partie … ce n’est pas un métier !
– Une fois partie, j’aurai un métier.
– Partir où ?
– N’importe où, là-bas par exemple.
– L’Espagne ?
– Oui l’Espagne, França, j’y habite déjà en rêve.
– Et tu t’y sens bien ?
– Cela dépend des nuits. »Partir devient donc une obsession pour Azel. Partir de ce pays qui n’offre aucun avenir. Partir pour être reconnu, pour exister. Partir pour gagner de quoi survivre. Partir pour sauver sa peau. « Brûler », c’est-à-dire traverser la Méditerranée, le plus souvent illégalement.

Mais pour Azel, une occasion différente apparaît : suivre l’Espagnol Miguel qui est tombé amoureux de lui, quitter le Maroc pour l’Espagne et être enfin libre. Sauf qu’Azel n’est pas homosexuel et que la vie qu’il va trouver en Espagne est loin d’être le rêve qu’il pensait …

Car ce roman n’est pas seulement celui de l’émigration, mais aussi et surtout celui d’une génération de jeunes, paumés, sans identité, sans avenir, qui ne peuvent trouver leur place. La faute en est attribuée ici à l’ambiance générale qui règne au Maroc, où le gouvernement est absent, la police stupide et les tentations nombreuses … « Et puis il y a les autres, ils sont légion, ils sont partout, dans tous les ministères, car dans notre pays bien-aimé, la corruption, elle est sur nos visages, dans nos têtes, elle est enfouie dans nos cœurs. »

Un pays corrompu. Un pays à la jeunesse désespérée. Une jeunesse menacée par le prosélytisme islamiste.

Un roman triste, amer, sans complaisances, qui m’a fait prendre conscience de ces situations de l’autre côté de la Méditerranée. Mais qui aurait peut-être eu plus de portée en étant traiter avec davantage de liberté ? Un texte intéressant mais qui ne me marquera pas …

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