syngué

 

Du film au livre … et du livre au film !

Ici c’est l’occasion qui s’est présentée, lorsqu’on m’a proposé des places pour aller voir le film Syngué Sabour, Pierre de patience, adapté par Atiq Rahimi lui-même à partir de son propre roman, avec l’aide de Jean-Claude Carrière.

J’avais lu le roman il y a quelques années déjà, et pourtant je m’en souvenais parfaitement. Ce n’est pas un roman où l’action est trépidante. En fait il ne s’agit que de paroles.

Paroles d’une jeune femme afghane dont le mari se retrouve dans le coma après avoir pris une balle dans la nuque. Paroles libérées car elle a peu d’espoir qu’il se réveille un jour, dans l’état de précarité où elle a pu l’installer, au milieu d’une ville en guerre. Se retrouvant seule dans une zone désertée, sa vie entière lui revient et sans accusations, elle fait le constat qu’elle a vécu sans connaître le plaisir ni l’amour. Du simple récit, des simples constats, à la révélation de ses secrets les mieux gardés, il n’y alors qu’un pas … qu’elle franchit …

Le concept est simple, mais sur fonds de guerre interne à l’Afghanistan, il est terrible : guerre, condition des femmes, amour, mariage, enfants. La société entière est passée au crible à travers le récit d’une seule vie. La tension est alimentée par le bruit de fond constitué par les roquettes, les alertes et les fuites éperdues pour échapper aux soldats en manque de femmes.

Une tension qui est parfaitement bien rendue au cinéma, et qui a eu pour résultat de me faire sortir de la salle les larmes aux yeux et une boule à la place de l’estomac … Un roman d’une dureté extrême ne pouvait donner d’un film à la limite du soutenable. Mais pourtant ce sont des œuvres nécessaires, qui nous éclairent sur le monde, ce qui fait l’homme …et nous font prendre conscience qu’on a bien de la chance de vivre en France …

Un roman à découvrir. Un film à voir.

(pour gagner des places, c’est ici).

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