wilde

Après quelques romans très prenants, j’avais rassasiée ma faim d’histoires et de péripéties, et j’avais envie d’un texte différent. J’ai donc opté pour cette biographie de Wilde, qui traînait depuis longtemps dans ma PAL.

J’ai beaucoup d’admiration pour les textes de Wilde, aussi bien ses textes courts que son terrible roman Le Portrait de Dorian Gray, ou encore Le Fantôme de Canterville qui m’a fait rire aux éclats il y a une bonne dizaine d’années. Depuis, je découvre ses autres œuvres en langue originale, grâce à un beau livre avec ses Complete works acheté il y a quelques années.

C’était donc une occasion à saisir pour mieux le connaître. Je me disais que si je maîtrisais un certain nombre d’éléments de sa vie grâce à diverses lectures, j’avais sûrement beaucoup à apprendre. Or ce n’était peut-être pas la bonne biographie car une fois refermée, je me suis dit : finalement je n’ai pas appris grand chose de plus.

Après 200 pages où il évacue toute la partie littéraire de sa vie, l’auteur aborde le sujet qui semble lui tenir le plus à cœur : le procès Oscar Wilde, où celui-ci sera condamné à deux ans de travaux forcés pour outrage aux bonnes mœurs (l’homosexualité était un crime en Angleterre, jusqu’en 1898), avec pour résultat l’exil définitif de Wilde en France pour y finir misérablement, la séparation avec sa femme et le changement de nom pour celle-ci et ses deux enfants (il fut aussi déchu de ses droits paternels). Wilde était devenu le synonyme de mauvaise vie et de relations contre nature. Ces relations contre nature semblent pourtant, sous la plume de Schiffer, être en réalité une belle histoire d’amour, en tout cas du côté de Wilde qui est fou amoureux d’Alfred Douglas, Lord, surnommé Bosie.

Or, la manière dont le procès est amené (par une référence toutes les pages) m’a énervé. Le biographe donne l’impression qu’il ne s’est passé que ça dans la vie de Wilde, donnant moins d’importance à son succès littéraire ou à l’analyse de ses œuvres. Le procès est décrit en long, en large et en travers, alors que la partie qui y est consacrée aurait pu être sacrement raccourcie … De la même façon, la longue déchéance de Wilde, durant 3 ans à Paris, occupe beaucoup trop de place dans le texte. Certes on ne peut pas ne pas s’y référer et la décrire néanmoins de longues phrases auraient pu être coupées.

Cette répétition et ces longueurs ont gâché en partie ce texte pour moi, le rendant peu attrayant, alors que pourtant Schiffer use d’une plume très romanesque pour nous rendre compte de cette vie extraordinaire.

Celle d’un homme qui a vécu selon ses convictions jusqu’au bout, et qui apparait comme un excentrique jovial, frappé en plein cœur par la société, et qui déclarait : « Je serai poète, écrivain, dramaturge. D’une façon ou d’une autre, je serai célèbre, quitte à avoir mauvaise réputation. »

Un texte moyen donc, mais un grand écrivain que je vais m’empresser de continuer à découvrir.

 

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bosie et wildeOscar Wilde et Bosie.