dracula

Tout le monde connaît Dracula bien sûr ! Depuis la fin du XIXe siècle avec la publication du roman de Stoker, les romans, films, jeux vidéos, bande-dessinées ont pullulé autour de cette figure qui a contribué à populariser le vampire. Mais êtes-vous sûrs de connaître le vrai Dracula, l’originel ?

Bram Stoker n’a pourtant pas tout inventé : tout au long du XIXe siècle, plusieurs romans ont été publié sur ce thème, particulièrement avec la mode du roman gothique en Angleterre au début du siècle. Citons entre autres The Vampire de Polidori (1819), Carmilla de Le Fanu (1871) ou même Le Château des Carpates de Jules Verne (1892).

Rajoutons que son texte n’est pas extraordinaire : si la construction est originale, puisque c’est un roman épistolaire composé de différents textes écrits par tous les protagonistes (sauf Dracula lui-même), le style peut parfois être lourd, et l’histoire avance très lentement.

Alors pourquoi ce succès ?

Tout tient en fait – et ce n’est pas étonnant – par le personnage du comte Dracula lui-même. Inspiré par la figure de Vlad l’Empaleur, héros roumain, dont le père s’appelait Dracul, dragon en roumain, Stoker est allé chercher loin dans le folklore roumain. Au-delà d’un monstre atroce et pervers, Dracula est surtout un être damné, un non-mort, dont les personnages n’arriveront jamais à connaître toutes les facettes. Ironiquement, Van Helsing – un des héros, et l’adversaire principal de Van Helsing – va lui-même chercher des informations sur Dracula dans les livres, plongeant dans le folklore et essayant tour à tour les armes qui ont été préconisées contre un tel monstre.

« This vampire which is among us is of himself so strong in person as twenty men; he is of cunning more than mortal, for his cunning be the growth of ages; he have still the aids of necromancy », etc etc.

Pourtant, l’ambiguïté du roman tient surtout en l’opposition entre un être fantastique tel que Dracula, et le monde moderne de l’Angleterre du XIXe, sortant victorieuse de deux révolutions industrielles où l’on croise la machine à écrire, le train, le télégraphe.etc. Et parallèlement, les personnages utilisent le crucifix, l’eau bénite, la rose, l’ail pour combattre le vampire …

« We have to identified the box, we shall place a branch of the wild rose on it. This we shall fasten, for when it is there none can emerge; so at least says the superstition. And to superstition must we trust at the first; il was man’s faith in the early, and it have its root in faith still. »

Deux notes sur le contexte : il faut remarquer que Stoker a placé l’action dans sa propre époque, et non pas comme une histoire venant du passé. Et puis qu’il l’a publié en pleine terreur de Jack l’Eventreur qui sévissait à Londres à cette époque …

On trouve bien d’autres choses dans ce texte, que je ne peux détailler ici : l’importance de la science; la folie qui rôde; la parole, etc.

Dans tous les cas, c’est bien ce Dracula qui a fondé le mythe moderne du vampire. Stoker a d’ailleurs inventé des particularités qui resteront jusqu’aux textes d’aujourd’hui : le pieu pour le tuer; la possibilité de se transformer en chauve souris; l’impossibilité de supporter la lumière du jour; l’absence de reflet du monstre dans un miroir. Et c’est bien son Dracula qui a inspiré les centaines d’œuvres littéraires, cinématographiques, et autres, dont Twilight n’est que le dernier et pâle avatar au sein d’une longue série.

Au-delà de toutes ces réflexions intéressantes, je ne peux pas dire que ce texte m’ait passionné. En réalité, il était bien trop long, sentiment qui a été aggravé par le fait que je l’ai lu en anglais. A raison de 30 pages par jour dans le RER, je me suis rapidement lassée, même si mon intérêt a été ranimé à plusieurs reprises. De plus, le style m’a particulièrement énervé. Je ne parle pas de l’anglais toujours un peu lourd de la fin du XIXe, mais plutôt des reprises multiples de certaines phrases et expressions. Bref à de nombreux moments, j’avais plus envie d’être du côté de Dracula que du côté des héros qui s’en donnent à cœur joie avec leurs « poor Lucy », « poor Mina », « oh qu’elle était gentille », « oh qu’il était bon », « oh que je vous aime ami John. » Au bout de 400 pages en anglais, je n’avais qu’une envie : en finir le plus rapidement possible.

Je suis néanmoins contente d’avoir pu retourner à la source de ce mythe important, malgré cette déception, et je ne peux que vous encourager à en faire de même, mais en français …

Challenge I read in English

PS : en mars, Lire dédie son magazine aux Vampires … un thème décortiqué et analysé, avec quantité de références ! A lire.

Un livre intéressant y est signalé :

transylvanieA découvrir …