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« Je m’appelle Vicki Myron, et j’ai travaillé dans cette bibliothèque pendant vingt-cinq ans, dont vingt en tant que directrice. J’ai supervisé l’arrivée du premier ordinateur et l’ajout de la salle de lecture. J’ai vu les enfants grandir et partir, pour revenir dix ans plus tard avec leurs propres enfants. La bibliothèque municipale de Spencer ne paie pas de mine, en tout cas pas à première vie, mais elle est le pivot, le terrain d’entente, le cœur de cette histoire du centre du pays. »

Un jour comme les autres, Vicki Myron arrive à la bibliothèque et en voulant vérifier la boîte à livres – pour rendre les ouvrages même quand la bibliothèque est fermée – elle entend un faible miaulement … Intriguée, elle s’en approche et ne tarde pas à découvrir un minuscule chaton roux, aux pattes gelées, que l’on avait dû jeter là pour se donner bonne conscience.

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Immédiatement adopté par l’équipe entière, le chaton – bientôt prénommé Dewey Readmore Books, du nom du grand bibliothécaire américain créateur de la célèbre classification – grandit et s’adapte parfaitement à son nouvel univers …

« Pour Dewey, la bibliothèque municipale de Spencer était un univers immense, regorgeant de tiroirs, de placards, d’étagères, de rayonnages, d’élastiques, de machines à écrire, de tables, de chaises, de sacs à dos, de sacs à main et d’innombrables mains pour le caresser, de jambes pour s’y frotter, de bouches pour chanter ses louanges. Et de genoux. La bibliothèque était toujours miséricordieusement, superbement remplie de genoux. »

Avec humour, Vicki Myron nous retrace les dix-neufs ans qu’a passé le chat dans la petite bibliothèque de Spencer, avant de mourir en 2006, après une belle et longue vie bien remplie. Une vie bien remplie mais surtout une vie de célébrité. Car année après année, l’histoire de Dewey se propage, atteignant même le Japon et attirant des journalistes qui font tout le voyage pour le filmer. Jour après jour, des centaines de touristes se pressent pour découvrir ce phénomène.

Dewey n’est pas seulement un phénomène parce qu’il est resté si longtemps à la bibliothèque, mais parce qu’il en est rapidement devenu le cœur : dissipant les tensions, il accueille les lecteurs, les soignent en ronronnant sur leurs genoux, se fait dorloter, se promène entre les livres, sur le chariot de rangement, il est – à lui tout seul – une publicité gratuite nationale et internationale pour la bibliothèque !

Il est devenu l’âme de la bibliothèque, en nouant un lien extrêmement fort avec sa directrice Vicki Myron dont l’amour pour ce chat très intelligent transparaît dans chaque ligne du texte. L’humour y est également très présent, notamment lorsqu’elle imagine les pensées de Dewey, qu’elle nous dresse son profil de poste, ou qu’elle nous livre son emploi du temps …

En bref, un récit de vie très attachant, qui m’a beaucoup plu parce que bien sûr il tourne autour des chats et des bibliothèques. Ce qui m’a intéressée c’est que le grand public peut voir ce qu’est réellement le métier de bibliothécaire, et comment il a évoluer en vingt ans, car Vicki aime son métier et le montre …

« Une bonne bibliothèque n’est pas nécessairement grande ou belle. Elle ‘a pas besoin des meilleurs équipements, du personnel le plus efficace ou du plus grand nombre d’utilisateurs. Une bonne bibliothèque est prévoyante. Elle est impliquée dans la vie de sa ville au point de se rendre indispensable. Une bonne bibliothèque n’est jamais remarquée par personne, simplement parce qu’elle est toujours là, et qu’elle founrit toujours ce dont on a besoin. »

Un beau texte à découvrir, malgré quelques lourdeurs sur la vie de Vicki qui m’intéressait moyennement, pour se familiariser avec l’univers des bibliothèques et la vie d’une petite ville américaine des années 1980 à aujourd’hui …

A lire par tout amoureux des livres et des chats.