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Au début du XXe siècle, Ernest Renan a dit : « Omar Khayyam est peut-être l’homme le plus curieux à étudier pour comprendre ce qu’a pu devenir le libre génie de la Perse dans l’étreinte du dogmatisme musulman. » Mais qui est cet Omar Khayyam ? C’est le récit de cette vie extraordinaire auquel s’est attaqué le grand écrivain voyageur et académicien franco-libanais Amin Maalouf, nous transportant au cœur de l’Orient du XIe siècle, dans la capitale persane Samarcande, aujourd’hui en Ouzbékistan.

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Le roman historique se compose de deux parties : dans la première, la vie d’Omar et la manière dont il est venu à rédiger ses poèmes les plus connus dans un magnifique manuscrit qui s’est perdu pendant des siècles. La seconde partie retrace l’histoire de ce manuscrit à partir de sa redécouverte à la fin du XIXe – début XXe siècle, et l’engouement que ces poèmes vont susciter dans le monde entier.

Grand mathématicien, poète, philosophe, savant complet comme seul le siècle d’or musulman savait les faire à cette époque, on ne connaît pourtant que peu de choses sur Khayyam : né à Nichapur, il vécut à Samarcande puis à Ispahan, côtoyant les cadi et sultans de l’époque, mais restant toujours à l’écart d’un quelconque pouvoir. C’est son aura de grand savant qui l’a sauvegardé des complots de palais, toujours très nombreux ..

Un roman très intéressant sur la culture persane, les luttes de pouvoir, mais également sur l’histoire plus récente de ce qui est désormais l’Iran. Amin Maalouf a un réel talent de conteur, et l’on voit qu’il a été lui-même très influencé par Khayyam, à travers sa langue extrêmement poétique et un style très agréable.

Ce fut la traduction anglaise d’Edward FitzGerald qui fit connaître au grand public, en 1859, l’œuvre poétique de Khayyam et qui servit de référence aux traductions dans beaucoup d’autres langues.

Pour le plaisir, quelques vers venus du XIe siècle :

« Tu peux sonder la nuit qui nous entoure.
Tu peux foncer sur cette nuit… Tu n’en sortiras pas.
Adam et Ève, qu’il a dû être atroce, votre premier baiser,
puisque vous nous avez créés désespérés ! »

« Au printemps, je vais quelques fois m’asseoir à la lisière d’un champ fleuri.
Lorsqu’une belle jeune fille m’apporte une coupe de vin, je ne pense guère à mon salut.
Si j’avais cette préoccupation, je vaudrais moins qu’un chien. »

« Luths, parfums et coupes,
lèvres, chevelures et longs yeux,
jouets que le Temps détruit, jouets !
Austérité, solitude et labeur,
méditation, prière et renoncement,
cendres que le Temps écrase, cendres ! »

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Adelaïde Hanscom (illustration d’un recueil de poèmes de Khayyam – 1903)

Une belle découverte …

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