somerset

Il était une fois dans le Sud des États-Unis, une petite ville du Texas nommée Howbutker. A la fin du XIXe siècle, la ville a été fondée par trois familles qui se firent fortune dans le coton, le bois, et l’export de marchandises : les Toliver, les Dumont et les Warwick. Liées par des liens profonds, les trois familles élèvent leurs enfants ensemble et leur lèguent leurs empires. Percy Warwick, Ollie Dumont et Miles Toliver.

Or, à la mort de l’ancêtre Toliver, ce n’est pas le fils mais la fille qui hérite : passionnée par tout ce qui a un rapport à la gestion de ce domaine et aux plantations, Mary Toliver s’attèle avec bonheur à sa mise en valeur. Mais être une femme volontaire et entreprenante à cette époque n’était pas si facile : le choix de son père a lésé son frère et sa mère, et va la pousser à renoncer à son grand amour. Car telle Scarlett dans Autant en emporte le vent (une ressemblance qui est frappante tout au long du roman), Mary fera toujours passer la terre et l’héritage de son père avant tout le reste.

Entre histoires d’amour, de guerre, de propriétés, de trahisons, de secrets et de tragédies, ce roman est une grande fresque qui s’étale sur près de 90 ans. On y voit se dérouler l’histoire des familles fondatrices sur plusieurs générations, une histoire plutôt bien ficelée malgré quelques exagérations et coups de théâtre fumeux. Malheureusement n’est pas Margaret Mitchell qui veut, Leila Meacham est loin d’avoir son style et la capacité à créer des personnages cohérents et solides. Ici il est difficile de réellement s’attacher à Mary Toliver, le personnage principal, dont les choix sont parfois incompréhensibles. Entre elle et Scarlett O’Hara, mon choix est rapidement fait …

Seul point réellement original : l’idée de faire descendre les Warwick et les Toliver des Lancaster et des York, et d’utiliser les roses blanches et rouges comme moyens de communication entre les générations.

Enfin le roman pèche surtout par un style plat, au vocabulaire simple et aux constructions peu élaborées qui a nui aux personnages, ne serait-ce que par la vacuité des dialogues.

En bref, un texte qui se laisse lire, mais qui a des équivalents (pour lire sur la plage) bien mieux écrits et plus intéressants. Je vous conseille ainsi Le Pays du Dauphin Vert d’Elizabeth Goudge, ou encore Le Jardin des Secrets de Kate Morton. Ou tout simplement Autant en emporte le vent.

Je tiens à tout de même remercier les Editions Charleston et Elise pour l’envoi de ce gros roman.