camélias

La Traviata – Marguerite – La Dame aux Camélias – La femme qui a inspiré un opéra, des romans, des musiques, des dizaines de film. Une femme éternelle, un destin terrible, et une histoire d’amour extrêmement belle.

Camélias blancs, camélias rouges, ces fleurs sont présentes dans tout le texte, sans devenir obsédante. Evoquant juste ce qu’il faut de fragilité et de pureté contenue dans cette femme magnifique, qui s’inscrit dans la lignée de la Manon Lescaut de l‘Abbé Prévot (d’ailleurs Armand, le soupirant, en offre un exemplaire à Marguerite …).

Marguerite est une courtisane. Pas une prostituée vulgaire, mais bien une femme qui a le goût du luxe et qui se vend aux hommes, tout en sachant où aller, où s’arrêter et quel est le prix de chaque chose. Elle a vingt ans, la syphilis, et elle espère bien profiter de la vie pour les mois qui lui restent, sans se soigner : « se soigner, c’est bon pour les femmes du monde qui ont une famille et des amis; mais nous, dès que nous ne pouvons plus servir à la vanité ou au plaisir de nos amants, ils nous abandonnent, et les longues soirées succèdent aux longs jours … ». Elle préfère oublier sa maladie et vivre dans un tourbillon de fêtes, de dîners, de soirées avec ses multiples amants, et jouir de sa beauté.

Jusqu’à ce qu’arrive un événement imprévu, quelque chose qu’elle n’a jamais connu : l’amour. L’amour sous le masque d’un jeune homme qui tombe éperdument amoureux d’elle dès le premier regard, alors qu’elle ne le connaît pas encore. L’amour qu’il va garder caché pendant des années jusqu’à ce que le hasard donne un coup de pouce et les fasse se rencontrer de nouveau. Et là, nous assistons aux plus belles scènes d’amour de la littérature, entre un jeune provincial naïf et débutant, et une femme aguerrie face à tous les sentiments, sauf le plus pur. Elle qui déclarait : « Il nous est défendu d’avoir du cœur sous peine d’être huées et de ruiner notre crédit » sera la plus belle des amantes …

Mais La Dame aux Camélias c’est aussi le roman le plus tragique qui soit, celui du sacrifice, au nom de la famille d’Armand, la renonciation, le mensonge pour le bien de l’autre : Comment ne pas pleurer à cette phrase : « Vous aimez Armand, prouvez-le lui par le seul moyen qui vous reste de le lui prouver encore : en faisant à son avenir le sacrifice de votre amour. »

Sur les airs splendides de La Traviata, il faut à tout prix découvrir ce roman qui est d’une justesse, d’une beauté et d’une modernité incroyable.