Sentiment 26

2065. Evie habite dans la Cité. Une ville où le Guide Suprême a accueilli tous ceux qui voulaient fuir les Horreurs produites par les  hommes dans les dernières décennies. Une seule condition cependant pour y entrer : subir une ablation d’une partie du cerveau, une amygdale qui serait le siège des émotions et des réactions comme la violence, la peur, etc. Tout est ensuite contrôlé, et les citadins sont étiquetés de A (Admirable) à D (Déviant). Il existe aussi une étiquette E mais on ne sait pas ce que deviennent ceux qui ont été étiquetés comme tels …

Au début du roman, Evie est une jeune fille comme les autres, mais elle se pose des questions sur le Système – soit-disant parfait – et surtout elle aime Raffy, un D, alors qu’elle doit épouser le frère de celui-ci, Lucas, un A qui va faire carrière dans l’administration. Le jour où tout bascule, Evie va devoir faire un choix …

Sentiment 26 est (mais je ne l’ai su qu’après) le premier tome d’une trilogie, The Killables en anglais (qui sonne beaucoup mieux que le titre français). Le deuxième tome vient de paraître en Angleterre sous le nom de The Disappearances. J’aime beaucoup les dystopies, par la manière dont elles font réfléchir sur les évolutions possibles de la société, et j’avais adoré la première trilogie de Gemma Malley, La Déclaration. En 3 volumes, elle construisait un univers cohérent, des personnages attachants et une histoire haletante.

Ici, j’ai eu l’impression qu’elle avait retenté le même coup mais sans aussi bien réussir. J’ai lu ce texte, raconté à la troisième personne, limite en le survolant : les personnages ne sont qu’ébauchés et agissent parfois bizarrement, l’histoire n’a pas réussi à m’accrocher et certains passages sont inexplicables, voire risibles. Certes on peut pardonner certaines choses en se disant que ce n’est qu’un premier tome, mais il me semble pourtant que c’est souvent le plus important : celui où l’on pose les bases, qui donne envie de lire le suivant. Or en le refermant, je n’ai pas vraiment réfléchi à ce qu’il pouvait y avoir une suite. Maintenant que je le sais, je ne pense pas que je la lirai …

C’est donc un échec pour moi, à ma grande déception car c’était une auteur prometteuse. Seulement elle a voulu surfer sur une vague de la dystopie, que l’on mange à toutes les sauces, et il est de plus en plus difficile de produire quelque chose de vraiment original, de vraiment novateur.