Proust

Parait-il qu’A la recherche du temps perdu contient le même nombre de signes que la Bible et les œuvres complètes de Shakespeare …

Est-ce que cet argument d’Antoine Compagnon vous convainc qu’il faut lire cette œuvre majeure, dont le premier tome a été publié il y a exactement 100 ans, en 1913 ?

Pour ma part, cela ne m’a pas convaincu, et pourtant j’ai pris une grande décision …

Je m’explique :  j’ai commencé A la recherche du temps perdu il y a quelques années, mais j’ai fini par bloquer au troisième volume. Je trouvais ça magnifiquement écrit et d’une finesse psychologique épatante, mais je faisais systématiquement passer d’autres livres avant … Résultat, quand François Busnel, dans l’émission de La Grande Librairie du 9 mai, consacrée à Proust, m’a apostrophé sur cette question, j’ai senti une légère culpabilité : celle d’avoir tendance à choisir des livres faciles, et à repousser les lectures les plus ardues aux calendes grecques …

Cette émission était très intéressante par ailleurs, en faisant intervenir plusieurs spécialistes de Proust :

Jean-Yves Tadié, Antoine Compagnon, Evelyn Bloch-Dano (auteur de Madame Proust), Raphaël Enthoven (Philosophe auteur de Lectures de Proust et du prochain Dictionnaire amoureux de Proust).

Elle a eu le mérite de revenir sur la genèse de l’œuvre, et sur l’écrivain étrange que fut Marcel Proust, que tout le monde connait mais que si peu ont lu …

Pourquoi ça ? Réputée difficile d’accès, elle est donnée à lire dans les programmes scolaires, sous forme d’extraits destinés à montrer aux élèves comment vraiment écrire. Puis elle est citée à tout bout de champ, soit pour la valoriser (« tout le monde ne peut pas être Proust »), ou la dévaloriser (« c’est du Proust, on y comprend rien »). Pourtant lors de ma lecture, je ne l’avais pas trouvé plus obscure que certaines œuvres de Zola ou de Balzac, que l’on lit plus facilement aujourd’hui. Certes ce n’est pas aisé, et la longueur des phrases n’est pas que légendaire, mais il y a réellement une histoire, une analyse des personnages et un grand objectif (entre autres) : montrer la naissance d’un écrivain. C’est un livre profondément construit. Sauf que l’on n’en prend conscience qu’à la fin des 2500 pages … Les détails semblent vouloir nous perdre mais en réalité, Proust ne perd jamais une vue globale de son œuvre, et la mène là où il veut.

Alors voilà, j’ai décidé de tout reprendre à zéro et de me lancer un petit challenge : je me donne deux ans pour relire les premiers tomes, et découvrir les suivants, dans de bonnes conditions et sans mauvaises excuses.

1913 – Du côté de chez Swann

1919 – A l’ombre des jeunes filles en fleur – Prix Goncourt

1920-1921 – Le Côté de Guermantes 

1921-1922 – Sodome et Gomorrhe

Postume : La Prisonnière (1923), Albertine disparue (1925), Le temps retrouvé  (1927)

C’est parti ! Qui m’aime me suive !