débutantes

Sally, Celia, Bree et April se rencontrent dans les années 2000 au début de leurs études à la célèbre université féministe de Smith. Avec elles, nous découvrons l’univers étrange qui va être le leur pendant 4 ans : des chambres de bonnes intimistes aux bacs de bonbons pour les soutenir lors des examens, en passant par tous les rituels propres aux universités. Les bizutages sont nombreux mais tournent tous autour du corps, du sexe et de la fierté d’être une femme. Il est d’ailleurs de bon ton de montrer des prédispositions pour l’homosexualité, même si la plupart des filles, une fois sorties de l’université, reviennent à des relations hétérosexuelles.

Ces quatres filles, qui vont devenir des amies très proches, vont ensemble faire leurs débuts dans la vraie vie. A l’occasion du mariage de l’une d’entre elles, elles prennent la parole chacune à leur tour dans ce long roman de plus de 500 pages. Je tiens à être précise parce que vous allez vite comprendre que j’ai souffert durant ce même nombre de pages.

Du fait de ce mode de narration, l’auteur a fait le choix d’un langage cru, jeune, que je n’aime pas vraiment lire. A la limite, ça passe quand même, malgré mon énervement devant le enième « ma puce », « ma chérie », et tous les atermoiements de ces quatre filles pour qui, globalement, la vie va se résumer à trouver l’amour de leur vie. L’une se débattra avec une relation homosexuelle héritée de Smith, l’autre enchaînera les relations sans parvenir à se fixer, la troisième trouvera l’amour rapidement malgré l’incompréhension des autres. Chacune d’elle aura des relations plus ou moins difficiles avec ses parents. Seule l’une d’entre elle – April – se détache du lot : féministe enragée, elle va suivre une leader du mouvement qui n’hésite pas à employer des moyens souvent peu avouables pour parvenir à des preuves de délits visant les femmes. C’est celle que j’ai trouvé la plus intéressante, et qui sera à l’origine du seul véritable rebondissement de ce roman, que j’ai trouvé tournicotant (en rond) et ennuyeux.

En effet, en choisissant de faire parler les quatre filles tour à tour, l’auteur s’est exposée à un risque de redites, écueil qu’elle n’a pas su éviter et qui m’a lassé. Je n’ai ressenti aucune affinité envers ces filles plutôt creuses et gnagnans, et qui m’ont semblé être des caricatures (et il leur arrive toutes les pires choses qui peuvent arriver à des femmes), argument que défend cependant George dans son billet. C’est possible que l’auteur ait fait ce choix en forçant les traits, mais pour ma part cela ne m’a pas convaincu car j’ai eu l’impression qu’elle tenait absolument à nous faire passer un message et que tous les moyens étaient bons : nous choquer avec des descriptions qui finissent par dégouter; nous ressasser sans cesse les atteintes aux droits des femmes; etc. Un discours qui l’éloigne du roman de plage, et en fait juste un texte raté. Car au final son propos se dilue et se perd, et le roman aurait peut-être gagné à être raccourci de 200 pages.

Bref, alors que j’étais curieuse de le lire, d’où mon partenariat avec Le Livre de Poche qui me l’a gentiment envoyé, c’est une rencontre ratée. Dans ma PAL, j’ai le deuxième roman de J. Courtney Sullivan et j’espère qu’il me réservera une meilleure surprise.

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