fille automate

Dans un monde presque apocalyptique, et surtout post-pétrole, Paolo Bacigalupi nous décrit un monde impitoyable, où les hommes comptent peu, ouvert à toutes les magouilles et les malversations autour de la maîtrise de l’énergie. Étonnamment, nous ne sommes pas ici du point de vue américain mais en Thaïlande ! Un royaume que les grandes puissances soupçonnent de produire une nouvelle source d’énergie. Le Ministère de l’Environnement est surpuissant, alors que celui du Commerce est anémique : symbole de ce monde atrophié.

Au coeur de tout ça, un automate, ou plutôt une fille automate qui a échoué ici illégalement, importée du Japon, et qui va cristalliser certains intérêts, tout en servant de catalyseur à l’action principale. Un robot qui, contrairement à certains humains, a des sentiments, et même des rêves. Un Nouveau Peuple qui s’est adapté à ce nouveau monde, auquel les humains s’accrochent sans évoluer.

Ce texte est un roman extrêmement ambitieux : sur près de 600 pages, l’auteur nous dresse le panorama d’un monde complètement bouleversé, dans lequel le lecteur est presque sans repères. Par ailleurs, le choix semble avoir été fait de ne rien expliquer, mais simplement de le mettre en face des faits et de cette nouvelle réalité. J’admets que j’ai été assez déboussolée, moi qui critiquait pourtant certains textes de science-fiction pour ados où tout était trop posément expliqué. Ici, je me suis épuisée à comprendre les nouveaux mécanismes, les nouveaux enjeux et les luttes de pouvoir. Et je ne suis pas sûre d’avoir tout bien compris, ce en quoi le vocabulaire ne m’a pas du tout aidé : entre termes anglais non traduits, mots chinois et créations de l’auteur, on en perd son latin … : yellow cards, yang guizi, compagnies caloriques, mahout, etc.

Cependant, si je ne suis pas vraiment entrée dans cet univers, je reconnais ses qualités, et même ses traits de génie, même dans certains détails (la création folle des cheshires, sortis tout droit du monde de Lewis Caroll, et trop bien réussis, au point qu’on ne les contrôle plus !)

Bref, un roman complexe, dont je ne sais trop quoi dire mais qui vaut le détour pour les fans de science-fiction.