20th

Depuis peu, je me suis mise à lire des mangas, un peu parce que le phénomène m’intriguait, un peu car j’aime bien les « bande dessinées » et un peu pour être au goût du jour dans mon métier … J’avais eu une belle surprise avec mon premier manga, la série Death Note, profonde et remarquablement bien construite. Et puis une autre expérience avec une série sur les bibliothèques : Library Wars, intéressante mais qui cédait un peu aux défauts du genre.

Cette fois-ci, comme je n’y connais absolument rien, j’ai dû demander de l’aide à des collègues bibliothécaires qui m’ont conseillé un certain nombre de séries, assurant mon stock de mangas pour les prochaines années !

Ces dernières semaines, je me suis donc régulièrement plongée dans cette série originale de Naoki Urasawa, faisant une pause au milieu le temps de récupérer les tomes suivants, car il n’y a rien de plus désagréable que de devoir s’arrêter au milieu d’une série. Une de mes règles d’or est d’ailleurs de ne jamais en commencer une dont la publication n’est pas finie. Une manière d’éviter le cas de la série One Piece par exemple, qui en est au tome 70 …

20th Century Boys comporte 22 tomes, et une suite 21st Century Boys, en deux volumes.

Tout commence dans les années 1970, dans une petite ville japonaise … Nous découvrons un groupe de jeunes garçons, menés par un certain Kenji. Ils se font peur, ils construisent des cabanes, ils lisent des revues de science-fiction, ils rêvent de ce que pourra être le XXIe siècle en réalisant un cahier de prédictions fantasque, ils assistent de loin à l’Exposition Universelle d’Osaka qui les fait rêver …

30 ans plus tard, Kenji gère le magasin de son père et s’occupe de sa nièce Kanna, dont la mère a mystérieusement disparue. Les autres membres du groupe se sont dispersés. Et puis, petit à petit, un parti bizarre acquière du pouvoir, mené par un certain Ami, qui a des allures de gourou.  Et soudain, c’est comme si les prédictions faites par les jeunes garçons devenaient réalité … S’engage alors une véritable course contre la montre  pour découvrir qui est Ami, et sauver l’humanité que ce dernier semble vouloir détruire …

Ce manga est intéressant car il joue sur les va et vient dans le temps : les solutions se trouvent toujours dans le passé, et en particulier dans l’enfance des personnages principaux. La mémoire y joue un grand rôle car tout repose sur le souvenir de qui jouait avec eux ou pas, de qui a été victime d’isolement ou d’agression dans leur groupe. Mais il aborde aussi des sujets graves, en les traitant admirablement bien : les sectes, les luttes de pouvoir, les questions écologiques, les armes de destruction, etc. La musique y occupe une place importante, Kenji, le héros, étant musicien, et une de ses chansons servira de ralliement et d’encouragement à la lutte et à la révolte, le rock représentant une génération désespérée mais combative. Le titre fait d’ailleurs référence à la chanson 20th Century Boy (au singulier) de T-Rex, un groupe de rock des années 1960.

On peut apprécier les nuances dans les caractères des personnages, qui sont des gens ordinaires : certes, certains sont gentils et d’autres non, mais il existe toute une palette de gris, des personnages que l’on ne sait pas trop où placer et qui rendent l’histoire plus intéressante, moins manichéenne.

Le principal reproche que je peux lui faire, finalement, c’est sa longueur, et ses rebondissements multiples, en particulier autour de l’identité du leader Ami, qui n’en finit plus et qui m’a lassée avant la fin. Un plus : pas d’histoires d’amour gnagnan mais des quêtes d’identité et des personnages superbes …

A part cela, un bon manga à découvrir, complexe et intéressant.

twentieth century***

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