dalva

En 1989, paraît le roman Dalva par Jim Harrison, qui sera qualifié comme « le grand roman de l’Amérique éternelle, l’Amérique de la prairie et des forêts ».

Dalva, c’est une jeune femme moderne, évoluant dans les années 1980 dans cette Amérique en plein changement. Une jeune femme qui cache bien des mystères, à commencer par une partie de son sang indien, qui est à la base de son prénom et de bien d’autres secrets de famille. Dans ce roman touffu et complexe, s’entrecroisent en effet la modernité des États-Unis de cette époque, mais également la résurgence des antagonismes qui ont traversé le 20e siècle : la question des Indiens, les krach boursiers, etc.

La plupart du temps pourtant, le texte nous emmène dans une Amérique sauvage, digne de l’ère des grands westerns, alors que cela me semblait être une époque révolue : mais ici, pas de cow-boys héros, mais de pauvres ranchers au cœur dur qui tentent de survivre à la modernisation des pratiques; pas de belles indiennes à sauver mais un peuple opprimé qui peine à retrouver son identité, et qui aujourd’hui encore, souffre des préjugés des Américains.

« Il m’a rétorqué qu’il ne voulait pas entendre parler des Indiens parce qu’ils causaient des ennuis. Et il causait des ennuis parce que c’étaient des « animaux » différents de nous [..] Cette remarque assez précise m’a paru intéressante. Nous autres universitaires croyons volontiers que nous irradions la logique et la raison pure dans tout le pays, alors qu’il suffit de s’arrêter à une station-service ou d’ouvrir le journal pour s’apercevoir du contraire. L’éducation n’a jamais réussi à éliminer la loufoquerie fondamentale de l’esprit américain. »

Dalva, c’est aussi une belle mais terriblement triste histoire d’amour, qui comme beaucoup d’histoire d’amour romanesque est celle d’un lien impossible entre la jeune fille et un jeune Indien, victimes de contingences familiales.

Dalva c’est aussi la quête d’une mère qui s’est vue arracher son enfant et qui portera ce poids toute sa vie.

Dalva c’est aussi le sauvetage d’un intellectuel qui va découvrir la beauté et la dureté de la campagne, et sortir de son alcoolisme par le travail et la découverte d’un terrible secret familial …

Bref, Dalva est un roman magnifique, par les thèmes qu’il aborde, les personnages qu’il fait intervenir, et je suis bien obligée d’avouer que c’est un texte de qualité. Malheureusement cela n’a pas suffit et je dois également avouer que je suis un peu passée à côté, souffrant presque à chaque fois que je le reprenais : je m’embrouillais dans les noms, dans les époques (car on passe allégrement de 1850 à 1980), dans les histoires …

Un roman que je conseille cependant car je reconnais toutes ses qualités, même s’il fut un échec pour moi.

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