dame en blanc

« Là, derrière moi, au milieu de la route déserte qui se détachait plus claire dans la nuit, se tenais une femme sortie de terre comme par miracle ou bien tombée du ciel. Elle était tout de blanc vêtue et, le visage tendu vers moi d’un air interrogateur et anxieux, elle me montrait de la main la direction de Londres. J’étais bien trop surpris de cette soudaine et étrange apparition pour songer à lui demander ce qu’elle désirait. »

Un soir qu’il se promène dans Londres, Wilkie Collins entend derrière le mur d’un parc un cri désespéré : celui d’une jeune femme, tout de blanc vêtue qui paraît confuse, puis disparaît. Il découvre ensuite que la jeune femme était séquestrée avec son enfant par un mari à demi-fou.

Voilà l’Histoire.

Un soir qu’il se promène aux alentours de Londres, Walter Hartright, jeune peintre et professeur de dessin, rencontre une jeune femme, toute vêtue de blanc, qui lui demande de l’aide car elle semble poursuivie. Il apprendra par la suite qu’elle s’est évadée d’un asile.

Quelques jours plus tard, il prend un poste de professeur de dessin auprès de deux jeunes soeurs. De là va naître un sublime amour, découragé car Laura s’est engagée à épouser un lord, sir Perceval, qui ne semble en vouloir qu’à sa fortune. Un lord bien mystérieux, que la encore plus mystérieuse Dame en blanc semblait craindre …

Voilà pour l’histoire !

Sur la quatrième de couverture, il est indiqué que ce roman est « l’un des plus sûrs moyens […] d’empêcher un innocent lecteur de s’endormir. »

Dans ce cas, j’ai été une innocente lectrice qui a innocemment pris ce roman sur son étagère, sans savoir à quoi s’attendre … c’est-à-dire à être emportée dans le Londres des années 1850, où complots, secrets, arrivisme, ruine et tant d’autres ingrédients qui font un roman haletant sont présents. Sans oublier l’ambiance de la nuit et des cimetières au clair de lune, propices au camouflage et aux rencontres nocturnes … Ajoutez à cela des personnages flamboyants, en particulier le cerveau de l’affaire, le comte Fosco, et vous aurez une idée de cet excellent roman …

Je n’avais pas été convaincue plus que ça par Secret absolu, lu l’année dernière pour Le Club des Lectrices : le schéma était un peu similaire mais le secret était beaucoup plus facile à deviner.
Ici, on a beau se creuser la tête, on est obligé d’aller jusqu’au bout. Sans compter qu’une fois l’énigme résolue, Wilkie Collins a gardé un atout dans sa manche pour nous offrir une fin surprenante et qui tient parfaitement la route.
Un point non négligeable : la richesse du style et la construction narrative, originale car elle déroule le récit par les témoignages (par lettres, journaux ou interrogatoires) des différents témoins de cette histoire. Une manière de ne pas lasser le lecteur, et de l’obliger à recoller lui-même tous les morceaux.

Roman longtemps oublié par un auteur longtemps oublié et éclipsé par son contemporain Dickens, La Dame en Blanc est à lire pour tous les amateurs de thrillers et autres histoires frissonnantes et haletantes, ce que je peux qu’encourager ici tant j’ai été séduite par le style et un récit mené d’une main de maître.