Ce mois-ci, trois romans que j’ai lu assez rapidement mais je n’ai pas pris le temps de chroniquer.

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je vais bien adam

Ce roman est à l’origine du film homonyme de Philippe Lioret, que j’ai vu il y a plusieurs années et dont je me souviens encore à la perfection. J’ai profité de la présence d’Olivier Adam au Salon du Livre de poche de Saint-Maur, il y a quelques semaines, pour l’acquérir, m’attendant à une belle expérience. Du point de vue de l’histoire, pas de problème, le film en est la fidèle adaptation. Mais c’est bien le seul point … Dans le texte, je n’ai pas retrouvé le souffle du film, sa poésie, rythmée au son de la musique de Aaron, et je n’ai pas retrouvé mes larmes de jadis, à la fin de l’histoire.

Alors certes on peut arguer que le roman avait été un peu défloré par le film, puisque je connaissais déjà l’histoire. Néanmoins je suis aussi sensible à l’écriture qu’à cette dernière, et je peux dire que mes attentes sont loin d’avoir été comblées par ce style plat, hyper descriptif (jusqu’à la pomme gala – et non pas pink, c’est important – que mange le personnage à la page 12; et je ne vous parle pas des descriptions de ce qu’achètent les clients au Shopi où travaille l’héroïne) sur un texte court.

En bref, c’est la preuve que l’histoire n’est pas tout : ici elle est magnifique, mais a été bien mieux interprétée par les images que le texte.

On me souffle à l’oreillette que les autres textes d’Olivier Adam sont bien meilleurs … j’attends donc de voir, ou plutôt de lire. Je lui laisse encore une chance.

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salon émilie

Un autre texte qui m’a déçue : reçu en service presse, je devais rencontrer l’auteur dans la semaine. Je me suis donc dépêchée de lire, pour apprendre ensuite que la rencontre était reportée ultérieurement. Tant pis. Et tant mieux car il aurait été gênant de devoir discuter d’un tel texte avec son créateur.

Non pas qu’il soit absolument inintéressant : Emmanuelle de Boysson a très bien rendu l’ambiance de la Fronde et des salons des précieuses, au cœur desquelles Émilie la petite Bretonne se trouve évoluer, avant de pratiquement rejoindre leur rang par un mariage inattendu. Mais par certains côtés, j’ai eu l’impression qu’elle tachait d’imiter Jean Teulé (et mal en plus), par d’autres de grands historiens, et elle échoue … : l’équilibre n’est pas parfait entre fiction et Histoire, équilibre qui est certes l’écueil principal de tout roman historique.

Quant au personnage d’Emilie qui, comme le dit elle-même, veut seulement « entrer dans le jeu des salons » : l’auteur multiplie ainsi les références littéraires, et autres, mais sans aboutir à un style naturel, ce qui m’a rendu son héroïne complètement antipathique.

Rajoutons à cela un style pauvre, truffé de répétitions, de termes inadéquats ou de poncifs sur les hommes et femmes de ce siècle, et vous pouvez aisément concevoir mon énervement grandissant à la lecture de ce roman.

Enfin, je me suis tout de même efforcée de le terminer, pour m’en faire un avis. Mais la fin de l’histoire appelle évidemment une suite, en particulier parce qu’Emilie a égaré l’homme de sa vie et le père de son enfant – lui qui la faisait monter au septième ciel à chaque fois. Zut alors. En tout cas, je ne lirai certainement pas le second volume.

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contes franck

Je termine ces chroniques par des contes très mignons, que j’avais commandé après avoir dévoré le Journal d’Anne Franck. De petites histoires écrites par la jeune fille durant sa captivité. Des textes courts mais drôles, parfois graves, qui mettent en lumière ce qu’Anne Franck voulait trouver dans la littérature : de l’humour, une morale, etc.

Des textes qui sont à la portée des enfants, mais qui ont déjà une portée universelle et qui me fait d’autant plus regretter la disparition prématurée de ce jeune talent, dont j’aurais été curieuse de suivre la carrière littéraire …