big fish

« Edward Bloom used his time wisely, reading. He read almost every book there was in Ashland. A thousand books – some say ten thousand. History, Art, Philosophy. Horatio Alger. It didn’t matter. He read them all. Even the telephone book. They say that eventually he knew more that anybody, even Mr Pinkwater, the librarian.

He was a big fish, even then. »

Le père de William, Edward, est mourant. Mais dans sa vie extravagante, même cette action inéluctable n’est pas si facile : William lui imagine alors plusieurs morts possibles, toutes graves et drôles à la fois, tentant de lui faire honneur.

« I wanted to be a great man. A big fish in a big pond. »

Car la grande spécialité d’Edward est de dérouler la vie qu’il aurait voulu avoir, remplie de géants, femmes à deux têtes et autres fééries, pour émerveiller sa famille et ses proches. Créer des mythes pour sortir de son quotidien de commis voyageur; se rêver autre et partager ses visions.

« Remembering a man’s stories makes him immortal, did you know that ? »

Le roman se construit donc autour des morts possibles d’Edward (‘it happens like this’), entrecoupées de sa vie, réelle et imaginaire – une distinction que son fils n’est pas capable de faire, doutant même de certaines choses qu’il se souvient avoir vu enfant, comme son père se relevant d’une chute de 6 mètres, ou d’autres preuves presque tangibles des histoires extraordinaires …

Mais au-delà de l’admiration qui perce dans le récit, on ressent aussi le regret du fils qui n’a jamais eu son père près de lui, et ne le connait pas vraiment.

« I wasn’t there for you, was I, son ? ».  Alors dans toutes les morts envisagées, la même conversation revient sans cesse, celle d’un fils qui a toujours adoré son père mais aurait voulu, au moins une fois dans sa vie, qu’il lui dise la vérité, qu’il ne raconte plus d’histoires.

En bref un bon roman, une Odyssée moderne et déjantée – lu en VO comme vous avez pu le voir, et assez accessible par ailleurs – plein de magie, mais qui fonctionne mieux quand on a déjà vu le film et qu’on a les images dans la tête …

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