Jeudi dernier, je me trouvais dans un restaurant du XVe arrondissement, papotant entre blogueuses (Caroline du forum Au boudoir écarlate, Fabiola des Romantiques, Sandrine de Place to Be), quand soudain ELLE a surgi. ELLE ? Mais voyons !

Joanne Harris bien sûr !

L’auteur de Chocolat et du nouvellement paru Des Pêches pour Monsieur le Curé, sa suite ! Mais siiii, vous savez, le livre à l’origine de ce film avec Juliette Binoche et Johnny Depp ! Enfin voyons, celui où on a envie de manger plein de chocolat après ! Vous ne voyez toujours pas ? Bon alors je reprends depuis le début …

chocolat

En 1999, un auteur britannique qui a dû mal à percer, Joanne Harris, publie Chocolat, destiné à devenir un best-seller international, et à être adapté par Hollywood quelques années après … Pour Joanne Harris, c’est le début d’une belle histoire (et aussi le début de sa prise de poids car à chaque dédicace ou interview, on lui proposait invariablement … du chocolat !) et d’une belle saga : car elle a ensuite doté Chocolat d’un fils, Le Rocher de Montmartre, et d’une belle petit fille, Des Pêches pour Monsieur le Curé, édité cet été aux éditions Charleston !

pêches

C’est le moment pour moi de vous introduire à cette maison d’édition puisque si je me suis retrouvée dans ce restaurant, le 12 septembre dernier, c’est bien grâce à elle ! Les Editions Charleston ont été créées il y a presque 1 an : succursale des éditions Leduc, elles se sont très vite orientées dans la publication de grandes romances, souvent étrangères, plus ou moins célèbres. J’en avais fait l’expérience avec Le Châle de Cachemire qui fut une belle découverte. Et croyez-moi, leur programme pour 2014 mérite le détour … mais chuttt il ne faut encore rien dire …

Bref, j’arrête mes sauts dans le temps ! Nous sommes donc en juin 2013, Charleston réédite Chocolat et dans la foulée, traduit Des Pêches pour Monsieur le Curé et le publie dans l’été ! Il est difficile de parler Des Pêches si on a pas lu Chocolat, tant les références sont constantes, et le deuxième (ou devrais-je dire le troisième puisque le Rocher de Montmartre s’intercale entre les deux, mais il est un peu à part car il se déroule à Paris. De plus Charleston n’a pas pu avoir les droits pour le rééditer …) texte dans la parfaite lignée du premier opus de la saga.

Nous suivons ainsi les aventures de Vianne, cette chocolatière fière et libre qui s’était opposée au curé Reynaud il y a 8 ans, en ouvrant une chocolaterie le premier jour du Carême. Dans ce nouvel opus, Vianne retourne dans ce petit village mais cette fois pour aider ce même curé qui subit les assauts de ses ouailles, pris dans la tourmente de l’installation d’une communauté musulmane dans leur village : Joanne Harris aborde un problème actuel de la société, qu’elle traite merveilleusement bien. Elle nous a d’ailleurs elle-même avoué, lors de la rencontre, qu’elle s’est inspirée d’une histoire vraie, racontée par une immigrée au cours de ses pérégrinations en Angleterre. Une histoire d’ailleurs terrible, qui m’a pris de court. Mais je vous en parlerai plus tard car c’est la rencontre qui est le sujet principal de cet article …

Qu’y ai-je donc appris ?

–          Qu’elle n’aime plus les desserts au chocolat

–          Que sa mère a traduit tous ses livres en français, sauf Des Pêches

–          Qu’au départ Chocolat ne devait pas être une trilogie

–          Que les Américains, quand ils ont voulu adapter Chocolat n’ont pas voulu croire qu’un village de la fin du XXe puisse être aussi traditionnel, et qu’ils ont ainsi situé l’action dans les années 50 (alors que dans Des Pêches, la fille de Vianne utilise Facebook !)

–          Qu’elle n’imaginait pas Johnny Depp pour le rôle de Roux !

–          Qu’elle a écrit Des Pêches pendant le ramadan 2010 et qu’elle s’est renseigné auprès de plusieurs écoles musulmanes pour filles, pour éviter préjugés et caricatures

–          Qu’au cours de ses tribulations pour parler de Des Pêches, elle a noté les différences dans les questions des journalistes : aux États-Unis, ils posaient beaucoup de questions sur les films ; dans les pays scandinaves, c’était très sérieux, ils lui demandaient d’en dire plus sur la construction de son roman, etc. ; en Italie les questions portaient plus sur la cuisine ; en Angleterre, la question musulmane revenait souvent ; en Russie on lui a demandé de citer des auteurs russes contemporains, etc.

Ces dernières remarques étaient particulièrement savoureuses car elles montrent en partie les préoccupations de chaque pays …

Après notre bombardage de questions entre deux coups de fourchettes, nous sommes passées aux dédicaces, et puis Joanne a dû partir vers d’autres interviews et nous a laissé avec notre moelleux au chocolat …

Merci aux Editions Charleston pour cette rencontre et le bon moment passé dans ce petit restaurant !