happé

« Sempé avoue dans un entretien qu’il a commencé à dessiner pour être avec des gens heureux. Ses personnages, taquins et tendres campent sur les places de villae et dans les rues de Paris, sur les bords de mer et dans les sous-bois. Le regard vague et le sourire délicieux, ils murmurent une chanson qui se perd dans le silence du papier. J’ai cherché à savoir comment ils étaient nés, d’où venait cet homme – Sempé – qui a servi toute sa vie une certaine idée du bonheur. »

A la manière donc de son auteur fétiche, Christophe Carlier le campe donc à son tour : un Sempé dessinant des personnages muets, pour échapper à un monde où tout le monde parle à tort et à travers.

« Parler de Sempé, c’est comme traverser la France à bicyclette ». C’est en effet ce qu’on peut ressentir en tournant les pages de ses albums : l’idée qu’il dépeint une France ordinaire mais attachante, encore et encore. Un monde qui n’existe plus, dans lequel il voit les plus petits détails, les petits tics. Mais ses personnages sont toujours heureux, souriants, à la manière du Petit Nicolas.

Sempé donc, le petit garçon à l’enfance difficile qui a publié ses premiers dessins humoristiques alors qu’il n’avait pas 20 ans, en 1950. J’imagine alors un petit bonhomme rondouillard, se déplaçant tout le temps en bicyclette. En 1952, il crée Le Petit Nicolas, collaborant avec Goscinny : ils rassemblent leurs souvenirs d’enfance, et brodent autour, créant de nouvelles situations, toujours plus drôles. A partir de cette date, il n’arrête plus de dessiner, connaissant un succès grandissant.

Christophe Carlier lui rend donc hommage ici, décortiquant ses thématiques, croquant le dessinateur dans ses schémas, ses goûts, ses intérêts et ce qui en ressort dans ses dessins, plein de poésie et d’ironie. Un essai fragmenté, sans linéarité, formé par de petites touches mêlant anecdotes, analyses, fiction et confidence …

sempé

Un petit texte intéressant mais pas fracassant, d’autant qu’il manque un peu d’illustrations …