graces

Depuis 10 ans, Emma, Rudy, Lee et Isabel sont amies et, grâce à leur amitié, résistent à tous les coups durs de la vie. Jusqu’au jour où survient une épreuve à laquelle elles n’étaient pas préparées … Les Quatre Grâces vont devoir surmonter cette crise, chacune à leur manière …

Roman de filles par excellence (alors que je déteste cette catégorisation …), Les Quatre Grâces que nous dépeint Patricia Gaffney sont attachantes, drôles et désespérément humaines : elles ont leurs rites, leurs secrets, leurs différences.

« Les Grâces se sont appris un tas de choses. Le fonctionnement d’un couple uni par exemple, les besoins spirituels, un humour un peu douteux, parfois, une ironie un peu poussée, l’affection … tant d’autres choses. »

C’est un texte qui se lit très bien, rapidement, mais qui est loin d’être léger à travers les sujets qui le traversent (le cancer, la manipulation, désirs d’enfants, etc.) On se laisse ainsi volontiers plonger dans ce huis-clos new-yorkais avec ces quatre femmes qui approchent de la quarantaine et qui ont chacune leurs misères, qu’elles exposent chacune leur tour dans de longs chapitres.

Les thèmes traités sauvent en réalité ce roman girly : la gravité qui s’en dégage, la finesse avec laquelle le sujet du cancer est traité, alliées à une écriture qui tient bien la route, loin d’être gnangnan ou trop « moderne » (au sens où il n’est pas truffé de néologismes « in »). Mais surtout, c’est parce qu’il campe des personnages crédibles et attachants, pas trop stéréotypés même si elles se font parfois le symbole de la modernité féminine, avec des couples qui se déchirent, des ambitions contrariées, etc. Les histoires de cœur, si elles occupent une grande place, sont d’ailleurs loin d’être caricaturales.

Au final, ce n’est pas un grand texte (il y a des moments un peu ridicules), mais c’est tout de même un peu plus que de la chick-lit : on sent qu’il y a du travail derrière, qu’il n’est pas trop standardisé par rapport à ce qu’attendent les lectrices de romans pour filles. Et puis il fait réfléchir, sur la vie, la manière de la mener, tout en offrant un très bel éloge de l’amitié et de l’entraide, tout en finesse.

Enfin je terminerai pas une remarque faite par mon Homme me disant que finalement, nous n’avions que l’aspect féminin de tous les problèmes, que les hommes n’ont pas la parole. En réalité, les hommes sont au cœur du texte, et dessinés en creux dans leurs forces et leurs faiblesses.

Bref, je ne lirai pas que ce genre de texte, mais j’avoue que ça fait du bien de temps en temps …

Merci aux Éditions Charleston et à Elise pour cette belle découverte !