mcall smith

Isabel Dalhousie est philosophe. Une vraie philosophe, qui publie une vraie revue de philosophie que personne ne lit. Mais ce n’est pas grave, elle continue …

Et quand elle ne philosophe pas, elle aide les gens pour régler toutes sortes de problèmes. Dans cette « aventure », elle va devoir résoudre le cas d’un vol de tableau, crime affreux fait à un millionnaire dont c’était l’œuvre favorite … Mais en même temps, elle a d’autres problèmes graves à régler : sa bonne qui apprend à son fils à compter, alors qu’il n’a que trois ans ; un ami qui a des problèmes de cœur. Que de choses à faire. Et à penser …

Hum. Bon j’espère que je n’ai pas été trop cynique. En réalité je trouve que j’ai été plutôt sympathique car j’avais plein d’autres idées pour attaquer cet article dont, je l’avoue, je me délectais d’avance. Car autant certains romans me font hésiter quand je dois les critiquer, car il est difficile de les classer dans la catégorie œuvre littéraire ou exercice d’écriture raté, autant ici, je n’ai eu aucun souci à catégoriser : il n’y a absolument rien de bon dans ce roman.

Ni les personnages, ni l’intrigue, ni le style.

Je m’explique. L’idée de base aurait pu être sympathique, après tout, comme les bibliothécaires, les philosophes sont peu représentés dans les romans, ce sont des personnages originaux. Sauf que l’auteur a parfaitement raté ce personnage ci, la rendant non pas imbuvable car on comprend très bien ce qu’elle dit, c’est d’ailleurs ça le problème : une page sur deux, j’ai eu la sensation de lire de la philosophie de comptoir. Et quoi de plus agaçant en tant que lecteur que de subir une phrase comme celle-ci :

« blablabla, action, blablabla. Isabel s’arrêta alors et se mit à réfléchir à la question. »

Autre exemple : « Nous sommes tous pareils, répondit Isabel. Se connaître soi-même, pensa t-elle, était l’essence même d’une vie morale. » et ça sur des pages et des pages … Résultat, ce n’est ni un bon essai philosophique car il aborde ou plutôt il survole trop de sujets, ni un bon roman car l’intrigue se perd au milieu.

Et puis franchement, je n’ai pu m’empêcher de rire en lisant certaines répliques lorsque Isabel parle du « crime » qui a été commis. « Comment en arrive t-on à faire autant de mal ? » Je peux comprendre que cela fasse mal au cœur de se faire voler un objet auquel on tient, mais les mots utilisés pour décrire cette perte sont maladroits car il n’y a pas mort d’homme tout de même …

En bref, un texte qui alterne dialogues mal construits, morale sentencieuse et intrigue inexistante, dont le manque de finesse est tellement flagrant qu’on peut même se demander si ce n’est pas un pastiche et si l’auteur ne se moque pas totalement du lecteur. Apparemment pas vu que c’est un auteur qui semble apprécié, ou en tout cas très prolixe en écriture.

Ceci dit, il a eu une qualité : j’ai beaucoup ri … (en me moquant)

Un roman à éviter, et un auteur que j’éviterai désormais comme la peste !