Pas à pas

Quel plaisir que ce roman qui m’a rappelé un coup de cœur enfantin : Le Passage de Louis Sachar. Dans ce dernier, nous découvrions le Camp du Lac Vert, centre de redressement pour jeunes délinquants situé en plein désert. Là-bas, ils sont isolés et sous la coupe d’une directrice complètement folle qui les force à creuser sans arrêt des trous et encore des trous. Nous y rencontrions une galerie de jeunes garçons désespérés – et dotés de surnoms divers et variés – comme Aisselle et X-Ray. A la fin du Passage, le Camp est fermé, et les jeunes garçons dispersés dans d’autres maisons de redressement. Nous retrouvons Aisselle – dont le surnom ne se réfère pas à sa transpiration mais à une piqûre de scorpion à cet endroit, comme il tient à le préciser – et X-Ray quelques mois après. Ils ont été libérés et tentent de reprendre une vie normale, pas à pas, comme leur a conseillé quelqu’un.

« Si tu penses que la vie est injuste avant d’aller en prison, dit-elle à Aisselle, tu la trouveras deux fois pire lorsque tu y retourneras. Les gens auront une très mauvaise opinion de toi et te traiteront en conséquence.

Elle lui expliqua que sa vie, à partir de là, allait consister à remonter le courant d’une rivière torrentielle. Le secret, c’était d’y aller pas à pas et de ne jamais s’arrêter. »

Aisselle, jeune homme courageux, tente de s’y tenir, tout en essayant de se racheter envers la société qui le réprimande à tout instant, méfiante … Il va pourtant se retrouver malgré lui embarqué dans une histoire louche de revente de billets de concerts, qui va lui faire rencontrer une chanteuse pas comme les autres …

Un roman dans lequel j’ai retrouvé l’humour de Louis Sachar qu’il a l’art de disséminer malgré les sujets très durs qu’il traite : le racisme sous-jacent, la discrimination des populations pauvres, etc. Pourtant, il n’atteint pas le niveau du Passage, qui reste son coup de maître. Difficile de dire ce qui m’a gêné. D’abord peut-être une traduction qui ne me semble pas être à la hauteur, même si elle est faite ici par Agnès Desarthe, auteur jeunesse de qualité, et qui fait perdre de la force au texte. Peut-être aussi une histoire un peu abracadabrante …

En tous les cas, je le conseille aux fans du Passage ! Aux autres, procurez-vous urgemment le premier, qui est encore édité à l’École des Loisirs, c’est un classique incontournable !

passage(Je viens d’ailleurs d’apprendre qu’il a été adapté au cinéma sous le titre La Morsure du Lézard – je vais m’empresser de me le procurer !)