mon traitre

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Je viens d’apprendre qu’Emmanuel Meirieu a adapté un de mes romans préférés, Mon Traître (et sa suite, Retour à Killybegs), et qu’il passe actuellement au Théâtre des Bouffes du Nord jusqu’au 21 décembre (puis il partira en tournée en France). Une adaptation sur laquelle s’exprime l’auteur, Sorj Chalandon, qui a replongé ainsi dans cette histoire d’IRA et de traîtrise, issue d’une histoire vraie …

« Un jour, Emmanuel Meirieu m’a dit qu’il souhaitait adapter deux de mes romans au théâtre, réunis en une seule pièce qui s’appellerait Mon traître. Il m’a expliqué que les mots silencieux de ces pages pouvaient être chuchotés ou hurlés. Il en avait la conviction. Et je lui ai dit oui. […] Meirieu a fait des choix dans ces textes. Il en a fait aussi dans les miens. Coupes franches, disparitions de répliques, de personnages, le théâtre est une autre aventure. Et je lui ai dit oui. Oui à la fusion des deux livres, oui aux allers-retours, oui aux chapitres manquants et aux regards en plus. […] Mais je lui ai demandé une faveur : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien savoir à l’avance. N’intervenir à aucun moment de son travail. Faisant cela, je lui offrais Mon traître en partage. Je lui proposais de faire sienne cette douleur intime. Et je me réfugiais dans le rôle du spectateur, celui que l’obscurité protège. Et j’ai bien fait. J’ai assisté à une représentation de la pièce d’Emmanuel Meirieu. C’était en avril dernier, à Lausanne. Et j’ai été saisi. J’ai vu Antoine le trahi et Tyrone le traître prendre vie sous la pluie. J’ai regardé l’ombre de Jack, fils de Tyrone, écouté sa voix exiger de son père mort qu’il se relève. J’ai entendu des mots d’encre et de papier transformés en orage. Je ne m’attendais pas à une telle puissance. À une telle force. À cette « terrible beauté ». Et j’ai pleuré, comme les autres, dans l’obscurité qui me protégeait. « 

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