manga

Et voilà le moment tant attendu par tous (si si !), en l’occurrence le premier article pour mon nouveau rendez-vous, Un samedi par mois, c’est manga ! Pour l’occasion, j’ai créé une page Facebook où vous pouvez laisser vos liens, discuter de vos lectures, etc. Sinon vous pouvez laisser vos liens sur mon article du samedi, je les reprendrai plus tard sur une page à part !

Pour ce mois-ci, j’ai choisi le manga suivant :

ikigami

Série terminée en 10 tomes, ce manga pour les adultes (seinen) m’a frappé par son originalité et son ambiance à la limite du thriller et de la science-fiction.

Dans une société japonaise dystopique, le gouvernement souhaitait que chaque citoyen prenne conscience de leur chance d’être en vie. Pour cela, une loi a été mise en place, dite la « Loi pour la prospérité nationale » et un système a été créé : à l’entrée à l’école primaire, chaque écolier est vacciné. Il y a une chance sur mille que ce vaccin soit mortel, et se déclenche entre 18 et 25 ans. Ceux qui tombent sous le coup de cette loi et de ce hasard vont recevoir l’Ikigami, un préavis de mort, qui leur indique qu’il leur reste 24h avant de mourir. A eux de choisir comment ils vont les employer, sachant qu’ils sont étroitement surveillés pour les empêcher de commettre un acte désespéré … Ce système est soit-disant bénéfique pour la santé de la société, qui voit les crimes diminuer et la natalité augmenter …

Le héros que nous suivons est un jeune fonctionnaire chargé de distribuer l’Ikigami et donc de se retrouver face à face avec les condamnés à mort et leurs familles. Tous deviennent égaux face à la mort : un guitariste qui commençait à percer, une jeune femme qui laisse une petite fille avec un mari inutile, le jeune premier dévoué à la cause nationale et heureux de se sacrifier pour la nation, etc.

Chaque tome de ce manga comporte deux histoires de vies fauchées en pleine force de l’âge. Mais en fil rouge, nous suivons l’évolution de Fujimoto le fonctionnaire qui, petit à petit, commence à douter du bien fondé de cette loi du hasard. Mais le système ne laisse pas impunément le doute s’insinuer dans son esprit …

J’ai dévoré les premiers tomes, un peu mal à l’aise par cette idée de base qui n’est ni plus ni moins qu’un crime institutionnalisé. Comment une société a pu produire un système aussi arbitraire, à la limite de l’absurde ? Comment penser qu’en tuant arbitrairement, on puisse rendre la société meilleure ? Rien d’étonnant à ce que ceux frappés d’Ikigami réagissent mal la plupart du temps … Le plus difficile est que l’on finit par s’attacher à chaque personnage, même si l’on sait qu’il est impossible pour eux d’échapper à cette mort …

On finit par mettre tous nos espoirs dans le jeune Fujimoto pour que ce système bouge enfin, change. Or cet espoir est un peu déçu car le manga tourne un peu en rond : l’auteur accumule les situations, brosse un portrait très complet de ce Japon fictionnel, désespère son lecteur à chaque histoire, mais tout est un peu trop lent.

Enfin je vous laisse sur une question qui découle de cette lecture : que ferions-nous de nos dernières 24H ? Serions-nous désespéré, prêt au sacrifice, déterminé à laisser sa marque, comme les personnages du manga ?

Un manga que je vous conseille malgré le bémol que j’ai souligné car il vaut le détour pour le concept et la qualité du graphisme …