éventailTraumatisé par un événement, Matabei se retire dans une campagne reculée pour retrouver calme et sérénité. Il est accueilli dans la pension de dame Hison, où il rencontre en particulier un vieux jardinier qui peint des éventails fascinants … Petit à petit, il devient son disciple et prend à son tour un disciple qui nous raconte la vie de son maître, sur le point de mourir. Une vie menée à l’écart de tout, au rythme du jardinage, des saisons, de la peinture. Une vie troublée de nouveau par une catastrophe, naturelle cette fois-ci.

« Peindre un éventail,
n’était-ce pas ramener sagement
l’art à du vent ? »

Ce roman sans prétentions fut une très belle lecture, une fois passée la surprise de lire Hubert Haddad, auteur tunisien francophone, nous parler du lointain Japon. Un Japon qu’il semble bien connaître et dont il retranscrit la douceur des campagnes, alliée aux caprices des éléments naturels. C’est également un très bel hymne à la nature et à l’art, qui s’allient pour créer des paysages sublimes. Une lecture apaisante, parfaitement équilibrée car parfois point trop n’en faut d’apaisement : on risque de s’endormir. Or, ici, aucune chance : à chaque instant, l’attention du lecteur est demandée. Ce texte nous parle directement au cœur. Un roman d’initiation magnifique, qui nous offre de la très bonne littérature.

« Je n’oublierai jamais les derniers mots de Matabei : «Ecoute le vent qui souffle. On peut passer sa vie à l’entendre en ignorant tout des mouvements de l’air. Mon histoire fut comme le vent, à peu près aussi incompréhensible aux autres qu’à moi-même ».

A lire conjointement : Les Haïkus du peintre d’éventail, paru chez Zulma.

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