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Cela faisait un moment que je bavais sur ce roman graphique, publié pour le centenaire de la naissance de Camus, pensant l’avoir pour Noël. Et justement c’est grâce à Babelio que j’ai pu l’avoir pour Noël, par un Masse critique bande dessinée qui tombait à point ! Je remercie donc encore Babelio et les Éditions Soleil pour l’envoi de ce bel ouvrage …

« Nous sommes le 10 décembre 1957. Sous les ors et les brocarts de l’Hôtel de ville de Stockholm. »

« Je crois à la justice … mais je défendrai ma mère avant la justice. »

J’ai passé un très bon moment avec cette bande dessinée, un peu hybride par ailleurs car elle alterne des planches de BD mais aussi du texte (le discours de Suède, prononcé lors de la remise du Nobel en 57), des extraits d’articles (dans Combat, Alger républicain). Cette biographie est en effet structurée en trois parties, trois morceaux du discours de Suède, que Lenzini (auteur des Derniers jours de la vie d’Albert Camus et de Camus et l’Algérie) a rattaché à l’enfance, à la jeunesse et à l’âge adulte. Trois chapitres qui nous font voyager d’Alger à Paris, du soleil à la résistance, de la lumière à la guerre. Un récit juste et sincère, sans être ellégiaque ni ennuyeux, qui nous offre une biographie complète et accessible à tous.Les dessins et les teintes ensoleillées du graphisme de Laurent Gnoni m’ont semblé rendre à la perfection la vie au bord de la Méditerranée, à travers la lumière, mais aussi les silhouettes parfois à peine esquissées, comme si l’on ne parvenait pas totalement à les cerner.

La bande dessinée a cela de génial qu’elle permet de faire vivre des personnages, des vies : ici, j’ai eu le sentiment que Camus était encore vivant, et que je l’espionnais, en marchant sur ses traces, en le suivant dans ses pérégrinations, dans ses doutes, ses combats. Pendant 130 pages, j’ai retrouvé l’homme, le philosophe, l’humaniste que j’ai découvert il y a dix ans et qui n’a jamais quitté mon cœur car il parlait à l’adolescente que j’étais encore. Sa passion, sa limpidité, sa simplicité, son amour de la mer, du soleil, de la famille : tout cela me touchait car je m’y retrouvais. Et je m’y retrouve encore, avec un regard différent, une maturité différente.

Au milieu de la centaine de publication qui a entouré le centenaire de sa naissance, ce roman graphique est assurément à retenir, pour ceux qui voudraient découvrir ou redécouvrir l’homme et l’œuvre.

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