cosplay

C’est un scoop : le gitan Zoran Adamas, désormais immense industriel, rachète 1T, une entreprise qui fut une ancienne gloire technologique. Mais cette dernière n’est plus ce qu’elle était, et Adamas semble avoir des plans … novateurs pour elle !

Le cosplay c’est une manière de se déguiser pour ressembler à ses personnages de manga préférés. Pour Laurent Ladouari, c’est une nouvelle forme de management ! Ou comment inaugurer trois jours complètement déments au sein d’une entreprise qui a perdu son prestige intellectuel.

« Regardez autour de vous. Regardez ce monde qui bouge. Qui est fort, qui est faible? Chacun lutte courageusement pour mériter sa place au fond de ce bocal : c’est la vie. Alors cessez d’avoir peur et, quelle que soit la raison qui vous donne momentanément l’illusion d’être faible, battez-vous. L’univers vous sera toujours hostile, un déluge se prépare peut-être, alors, dans le doute, battez-vous encore pour être pleinement vous-même. Sinon… disparaissez. »

C’est en gros le message qu’adresse Adamas aux employés d’1T, qui ne comprennent pas ce que l’on attend d’eux … Tandis qu’ils plongent dans le monde du Cosplay, dans un monde virtuel où tous les coups sont permis, où chacun s’affronte derrière un masque (on y croise ainsi Cléopâtre, Zorro, Savonarole, Léonard de Vinci, etc.), le monde et les médias s’interrogent aussi : quel est l’objectif d’Adamas ? N’y a t-il pas un moyen moins cruel, moins dur d’arriver à ses fins, qui semblent viser la destruction d’une entreprise en fin de vie ? Mais ce serait oublier qu’après la destruction, vient le temps de la reconstruction

Et c’est sans compter aussi que le premier jour du Cosplay est le premier jour de Katie Dûma chez 1T, passionnée de technologie, connaissant l’entreprise sur le bout des doigts et rêvant d’y travailler depuis qu’elle est enfant : elle est aussi jetée dans le jeu mais très vite, elle organise la résistance …

Lorsque Babelio m’a proposé ce livre en Masse Critique spécial (Merci à eux et aux éditions HC). , j’ai dû hésiter environ un quart de seconde : le temps de voir la couverture et de lire les premières lignes du résumé, j’ai été séduite. Mais j’étais loin d’imaginer vivre une telle aventure dans ce roman : à peine la première page lue, j’ai été emportée, secouée, déboussolée. Laurent Ladouari nous transporte dans un monde futuriste haut en couleur, avec en fonds d’écran un jeu vidéo passionnant mais destructeur … Un monde intelligent, peuplé de personnalités incroyables et attachantes. Un monde qui déboulonne toutes les bien-pensances. Un monde où tout est permis. « Le Cosplay impose des décisions qu’aucun comité exécutif, qu’aucun meneur d’hommes n’aura jamais le courage de prendre. » J’avoue que ce serait tentant d’essayer dans certains milieux … Juste pour voir ! 🙂 Utopiste donc monsieur Ladouari ? Certes, mais ça fait du bien de pointer du doigt les non-dits, et de rêver un peu …

Un premier roman qui décoiffe et ne présage que du bon. Chapeau bas monsieur Ladouari, vous avez dépoussiéré la littérature française.