proustCela fait un bon bout de temps que j’ai terminé cet essai, mais j’ai fait longtemps traîner cette chronique car elle s’avère compliquée à rédiger et sûrement très touffue … Dans le même temps, j’ai terminé A l’ombre des jeunes filles en fleurs, et je me dis que c’est le bon moment pour vous en parler ! Proust 1En effet, dans cet essai, Alain de Botton nous aide à mieux appréhender l’œuvre de Proust en nous donnant quelques clés, et en nous montrant comment Proust peut nous aider à …

– Aimer la vie : « Je crois que la vie nous paraîtrait brusquement délicieuse, si nous étions menacés de mourir comme vous le dites [brutalement]. Songez, en effet, combien de projets, de voyages, d’études, elle – notre vie – tient en dissolution, invisibles à notre paresse qui, sûre de l’avenir, les ajourne sans cesse. »

– Lire pour nous-mêmes : « Si nous lisons le chef d’oeuvre nouveau d’un homme de génie, nous y retrouvons avec plaisir toutes celles de nos réflexions que nous avions méprisées, des gaietés, des tristesses que nous avions contenues, tout un monde de sentiments dédaignés par nous et dont le livre où nous les rencontrons nous apprend subitement la valeur. »

– Prendre son temps (et pas seulement quand on s’attaque à Proust !) : « il lisait les journaux avec un grand soin. Il ne négligeait même pas les faits divers. Un fait divers raconté par lui devenait un roman tragique ou comique grâce à son imagination et à sa fantaisie. »

exprimer ses émotions

– être un véritable ami : comme Proust, être généreux, à l’écoute, curieux de l’autre, modeste, brillant causeur ; malgré tout ce qu’il a pu dire sur l’amitié (une vaine agitation, un mensonge, etc.) et sur la conversation avec autrui (une perte de temps, etc.) – mais avait horreur des petitesses du cœur humain, « les restrictions mentales, les cachotteries, le faux désintéressement, la parole un peu aimable qui a un but utile, la vérité un peu déformée par commodité. » Un bon ami, mais exigeant, la preuve en est qu’il s’est servi de ses connaissances pour La Recherche, exacerbant parfois leurs défauts …

– ouvrir les yeux – ou le bonheur de la madeleine.

– être heureux en amour : il prévient contre les dangers de l’habitude, et notre recherche constante de la nouveauté, du changement … Et tant d’autres choses pour lesquels il est de très bon conseil !

– laisser tomber un livre (!) et de ne pas tomber dans le piège de la littérature vue comme un oracle, une science infuse car « c’est donner un trop grand rôle à la lecture, qui n’est qu’une incitation d’en faire une discipline. La lecture est au seuil de la vie spirituelle ; elle peut nous y introduire : elle ne la constitue pas. »
Et la plupart du temps, ce n’est pas faux du tout ! J’ai pu le constater puisqu’en parallèle, je continue ma découverte de Proust : j’ai été plus attentive à certains détails, aux relations du narrateur aux autres, à ses réflexions justes et profondes. Vous me direz, comment Proust pouvait parler d’amour alors qu’il est resté vieux garçon toute sa vie ? Oui mais il ne faut pas oublier que c’est Proust et que ce n’est pas pour rien qu’il est aujourd’hui connu et reconnu mondialement pour la qualité de son œuvre, de ses analyses psychologiques et pour son intelligence …

Agrémenté d’illustrations, de détails passionnants sur la vie de Proust, cet essai est parfait pour un proustien débutant – ou pour toute personne cherchant un guide pour vivre et désirant éviter le rayon « développement / bien être » des librairies …