sumo

Le dernier roman d’Eric-Emmanuel Schmitt se lit à la manière d’un conte, et avec la rapidité d’un conte : 80 petites pages bien tassées, lues en 1h … Je ne suis pas réellement addict à Schmitt, même si j’ai pu apprécier des œuvres fouillées comme La Part de l’autre, où il imagine le cours de l’Histoire différemment, si Hitler avait été accepté aux Beaux-Arts dans les années 1920. Depuis, j’ai lu quelques uns de ses romans, plaisants mais jamais fracassants : maître de conférence en philosophie, il s’intéresse de près à la spiritualité, mais sa tentative de vulgariser ses réflexions ne sont pas toujours abouties. Ce texte le prouve encore … Le sumo qui ne pouvait pas grossir est le dernier-né de son « Cycle de l’Invisible », après Milarepa sur le bouddhisme, Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran sur le soufisme, Oscar et la Dame rose sur le christianisme, L’Enfant de Noé sur le judaïsme. A chaque fois, il met en scène des personnages qui vivent une expérience spirituelle différente. Ici, il s’agit du jeune Jun, être en déshérence, qui va découvrir le bouddhisme zen.

C’est en effet après avoir été abordé par un maître du sumo que Jun va connaître la période la plus bizarre de sa vie : cet art particulier va lui faire découvrir le monde insoupçonné de la force, de l’intelligence, et le faire parvenir à l’acceptation de soi. Mais tout d’abord, il lui faut grossir et pour cela, arrêter de se mentir à soi-même … Et puis combattre les idées fausses sur la vie en général, comme le fait que manger vous fait grossir ou qu’il suffit de vouloir pour pouvoir : le jeune narrateur se rend compte que la volonté ne suffit pas, quand le corps se dérobe. C’est le bouddhisme zen qui va lui permettre de dépasser ce blocage et regarder le monde sans idées préconçues.

Bon, tout d’abord, Schmitt ne m’a pas appris grand chose, à part à connaître un peu mieux le monde des sumos, quoique de manière très succincte (quelques lignes à peine), car tout est centré sur le personnage de Jun et son initiation à une nouvelle spiritualité. Ensuite, je ne peux que regretter qu’il ne fasse que survoler ces thèmes, comme si un peu plus de pages pourraient démotiver son public … Impossible de s’enlever de la tête que ces textes sont trop courts pour refléter réellement des religions millénaires, complexes, pleines de subtilité : je doute qu’il suffise d’écouter la nature et de respirer calmement pour comprendre le bouddhisme (ça, c’est plutôt l’interprétation occidentale …). Un texte qui m’a finalement rappelé L’Alchimiste de Paulo Coelho, et aurait sa place dans un volume type « Les religions pour les Nuls », philosophie à deux sous, prémachée et simplifiée au maximum pour attirer … Sans parler de la fin, tarabiscotée et absolument peu crédible ! Bref, peut mieux faire.

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livre pocheJe remercie le Livre de Poche pour ce partenariat mensuel .