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Décidément … décidément … décidément … J’aime Romain Gary ! Bientôt il finira par détrôner Camus qui, le pauvre, n’a pas autant de livres au compteur ! Car après Gros-Câlin, Éducation européenne, La Vie devant soi, L’angoisse du roi Salomon, voici un nouveau coup de cœur signé Romain Gary !

A noter : c’est un des romans de Gary qui a été écrit directement en anglais !

Une vieille dame, digne représentante de l’aristocratie anglaise – mais de souche française – fête son anniversaire en famille. Elle réfléchit alors avec humour à ce qui a été sa vie. « Je suis un peu anarchiste. A quatre-vingt ans, c’est assez gênant évidemment. Et romantique, par dessus le marché, ce qui n’arrange rien. »

C’est à ce moment-là qu’elle apprend le projet d’une autoroute destinée à passer sur son terrain : pour cela, il faudra détruire un petit pavillon qui n’a jamais bougé depuis 30 ans. Légèrement paniquée, elle embarque son plus vieil ami, Percy, vers ce pavillon et décide de lui raconter son histoire. Car il y a là une chose qui ne doit pas être découverte …

Ah quel dommage que je ne puisse pas tout vous raconter tellement cette histoire est croustillante, complètement délirante et terriblement drôle ! Une fois encore, Romain Gary montre l’ampleur de son talent en créant le personnage de Lady L., savoureuse vieille dame – dotée à la fois d’un humour très british et d’une impertinence à la française – qui a plus de secrets que ne le pense sa famille, et en particulier un qui remettrait en question leurs vies entières … Et au fur et à mesure que nous le découvrons, l’étonnement puis l’hilarité nous gagne face à Annette, jeune fille qui doit devenir Lady L. et qui a trompé l’Angleterre tout entière; nous offrant aujourd’hui, sur fonds de cynisme amère, un conte drôle et caricatural.

Une fois encore, j’ai été estomaquée par la capacité de Gary d’emprunter différents styles, de se fondre dans ses personnages : quoi de commun entre l’enfant de La Vie devant soi, le jeune polonais d’Éducation européenne et Lady L. ? Peut-être l’humour dont, pour le coup, Gary ne se défait jamais !

Vous voulez en savoir plus sur le mouvement anarchiste de la fin du 19e ? Ou vous voulez seulement rire un bon coup ? Alors c’est un roman à lire et à relire sans cesse ! (et à voir, car Gary a lui-même supervisé le tournage et réalisé par Peter Ustinov en 1965, avec Sophia Loren dans le rôle de Lady L.)