cités englouties

Dans le même monde que Ferrailleurs des mers, deux orphelins tentent de survivre au milieu d’une Amérique en plein chaos, où la guerre est omniprésente et où les enfants sont transformés en machines de guerre. Au cours d’une exploration, ils rencontrent Tool, un homme génétiquement modifié et fabriqué pour la guerre, que nous avions déjà rencontrés dans le précédent roman. 

Cette fois-ci, nous ne sommes plus en mer mais sur terre. Cependant, nous retrouvons les mêmes thèmes : la dureté de la vie, la folie des hommes qui ont détruit le monde et continuent, le gouffre entre les classes pauvres qui vivent dans une misère noire, au pied du monde civilisé. Ici, les Casques jaunes (les Chinois ?) ont abandonné un secteur qu’ils ont tenté de pacifier, autour des Cités englouties, mais face à leur échec, ils ont fini par partir et laisser le chaos s’installer tranquillement. Depuis, les seigneurs de la guerre se déchirent, au nom de différents dieux, et enrôlent les enfants : l’espérance de vie est à peu près de 20 ans …

Parmi eux donc, Mahlia et Mouse ont déjà perdu toute leur innocence et vont encore subir la violence de leur monde de plein fouet : « Née dans un autre endroit, à un autre moment […], elle se serait sans doute intéressée aux garçons, aux fêtes et aux vêtements à la mode. Au lieu de ça, elle arborait des cicatrices, un moignon à la place de la main droite, des yeux aussi durs que l’obsidienne, et le sourire hésitant que ceux qui n’attendent que douleur de l’instant à venir. »
Le personnage le plus intéressant reste le mi-bête, Tool, qui a été créé pour détruire et tuer, mais observe les hommes d’un œil critique, se sentant plus proche de l’animal – qui ne tue jamais pour le plaisir et pour qui la notion de torture ou de violence n’existe pas.

Car dans ce roman, il n’y a que ça : de la violence. Au point que j’ai été incapable de réellement l’apprécier : c’est la guerre dans toute son horreur, dans toute son universalité, dans un pays où il n’y a plus aucune loi, où chacun n’obéit qu’à son instinct, ne réfléchit qu’avec haine et violence. Certaines scènes étaient à la limite du soutenable, et je ne le conseillerai pour rien au monde à des enfants – c’est un livre jeunesse à la base … A la limite pour des grands ados, et encore. Et puis finalement, la science-fiction est très peu présente ici : il ne développe pas beaucoup plus son monde que dans Ferrailleurs, ce qui est bien dommage. L’auteur aurait pu employer autrement les pages qu’il a écrites sur les scènes de torture …

Un récit édifiant ? oui peut-être, mais il faut avoir le cœur bien accroché …