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Deux Besson en une semaine, moi qui n’avait lu que La Trahison de Thomas Spencer, deux lectures qui m’ont permis de cerner l’auteur, son écriture, ses thèmes favoris … et ce n’est pas en sa faveur !

Dans La maison atlantique, Besson revisite la tragédie amoureuse à travers les yeux d’un fils qui méprise son père et qui le voit petit à petit séduire la voisine … jusqu’au drame ! Pour le fils, qui essaye de faire son deuil de sa mère, la situation devient en effet vite insupportable. « Ces vacances qui avaient pour objectif de nous rapprocher à défaut de nous souder étaient en train de nous séparer un peu plus. De jeter entre nous un territoire immense, séparé en son milieu par une frontière infranchissable. »

Récit rétrospectif, à la première personne, le jeune garçon se fait le chroniqueur du drame des vacances au bord de la mer, jouant également le rôle de déclencheur de ce drame en passant du mépris à la haine du père.

Roman prenant mais sans grande profondeur, je l’ai lu sans véritable plaisir : la fin est attendue, les personnages sont des stéréotypes, auxquels on ne s’attache pas au cours de ces 150 pages bien aérées et présentées sous forme de chapitres extrêmement courts (comme ça on peut faire des pauses fréquentes, sans se fatiguer …). Un peu à la manière de Bonjour tristesse, mais sans le talent derrière et la légèreté qui est la marque de Sagan.

De là, on voit la mer est un roman plus conséquent, plus compact. Mais j’y ai retrouvé les mêmes défauts … 

Louise, 40 ans, part s’installer dans une villa en Toscane pour écrire son roman. Elle abandonne à Paris son mari, François, meurtri mais résigné. À Livourne, ville portuaire ou règne une chaleur écrasante, tout l’enchante : la qualité du silence, la mer partout présente, l’incessant ballet des ferries vers les îles. Et cette parfaite solitude que seule vient déranger la présence discrète et dévouée de Graziella, la gouvernante qui s’occupe de la maison. Louise n’a jamais connu un tel sentiment de plénitude. Elle écrit l’histoire d’une femme qui doit réapprendre à vivre après la disparition de son mari … Tout se passe bien jusqu’au jour où un jeune homme frappe à sa porte …

A travers un récit à la troisième personne, impersonnel, froid, nous découvrons donc Louise qui écrit des romans à succès mais n’est pas capable d’émotions ou d’amour. Stigmatisée car ne voulant pas avoir d’enfants, elle se sent à part dans la société et s’éloigne petit à petit d’un mari pourtant aimant. L’histoire aurait pu être intéressante sans le style de Besson qui aligne des dialogues plats, sans fin, utilisant les mêmes procédés répétitifs : « elle dit », « elle évoque », « elle répond ».

Deux romans donc qui peuvent séduire par leurs histoires mais qui m’ont sidérée par leur manque de style, la non-psychologie des personnages et des constructions répétitives (mais comment faire autrement lorsqu’on écrit deux romans par an ?). Dommage …

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