moderne olympia

Vous aimez la bande dessinée mais vous ne connaissez rien en peinture ?

Vous aimez la peinture mais vous avez la flemme de lire un assommant pavé ?

Alors Moderne Olympia est fait pour vous !

Après la collection en partenariat avec le Louvre, dont j’avais lu le très bon Période glaciaire de Nicolas de Crécy, Futuropolis inaugure une nouvelle collection avec le musée d’Orsay ! Pour notre plus grand bonheur, le musée du XIXe et la maison d’édition de bande dessinées s’associent et nous offrent un album terriblement anti-conventionnel et terriblement drôle.

Je ne connaissais pas Catherine Meurisse auparavant et c’est bien dommage, car un tel talent mériterait d’être connu et reconnu : elle a en effet réussi le tour de force de mettre en scène en bande dessinée tour à tour la peinture, le cinéma, la danse. On y croise Monet, Toulouse Lautrec, Degas, Courbet et tant d’autres. Avec comme fil rouge, une héroïne peu ordinaire : l‘Olympia de Manet !

olympiaEh bien oui, cette Olympia qui a provoqué un scandale au Salon de 1865, et dont Cézanne a donné sa propre version en 1870 avec sa Moderne Olympia.

moderne olympia cézanne

Ici, la moderne Olympia n’a plus grand chose à voir avec le tableau de Manet, ni même de celui de Cézanne : elle est présentée comme une artiste un peu à part qui ne parvient pas à trouver sa place dans une sorte d’Hollywood de la peinture. Elle est en concurrence constante avec la grande star du moment, inconnue aujourd’hui, et elle est reléguée aux rôles mineurs dans les grands films de l’époque, les refusés, souvent aujourd’hui les plus grands tableaux d’Orsay.

Histoire délirante où l’héroïne se balade entièrement nue à part son petit ruban autour du cou, nous allons de surprises en surprises, tout en prenant un cours accéléré sur l’histoire de la peinture au XIXe siècle.

Jouissif, surprenant, explosif, cette bande dessinée audacieuse dynamite tous les genres, transcende tous les styles et c’est, au final, une œuvre originale qui m’a fait mourir de rire.

Seule petite déception: je n’étais pas vraiment adepte du graphisme de Catherine Meurisse, un peu simpliste et pas toujours conforme à mes goûts esthétiques en matière de bande dessinée. Mais cette déception est atténuée par le fonds et puis par l’explication de comment les grands tableaux ont été peints.

Ex : les nymphes sont jetées d’un avion pour arriver en nuée sur le héros ! 🙂

En bref je n’aurais plus qu’un seul mot, ou plutôt 5 : jetez vous sur cette BD !

A noter : on peut découvrir 1 page par jour sur le site http://www.futuropolis.fr/en-prepublication-moderne-olympia-de-catherine-meurisse

Pour finir, cinq vers de Zacharie Astruc qui ont inspiré Olympia :

Quand, lasse de songer, Olympia s’éveille
Le printemps entre au bras du doux messager noir ;
C’est l’esclave, à la nuit amoureuse pareille,
Qui vient fleurir le jour délicieux à voir ;
L’auguste jeune fille en qui la flamme veille…

BD mercrediMerci aux éditions Futuropolis pour cet envoi !