time's traveller

Clare est une enfant presque comme les autres, jusqu’à ce qu’elle rencontre un homme presque comme les autres, Henry. Sauf que leur rencontre n’a rien de commun avec celle des autres, et leur histoire non plus … Clare a 6 ans quand elle le voit apparaître à côté de chez elle. Il en a 37. Quinze ans plus tard, elle en a 21 et lui 28. Comment est-ce possible ? Eh bien parce que Henry est frappé d‘une tare génétique qui le fait voyager dans le temps, contre son gré. Petit détail qui a son importance : lorsqu’il voyage, il ne peut rien emmener, il se retrouve donc totalement nu, sans savoir à quelle époque il a voyagé … Il peut se croiser lui-même à différents âges. Et surtout, il peut voir sa future femme grandir, en essayant de ne pas trop interférer dans sa vie … Roman ambitieux que celui d’Audrey Niffenegger, qui nous fait voyager dans le temps tout en suivant la vie de Clare, enfant puis jeune femme puis mère puis vieille dame, qui tente d’avoir une vie normale malgré sa rencontre avec cet homme anormal. A partir de ce départ très science-fiction, l’auteur nous propose une belle histoire d’amour qui transcende les frontières du temps, d’une manière à la fois originale et convaincante.

J’avais acquis ce roman après avoir vu le film qui en a été tiré : Hors du temps, mais il me semble que celui-ci prenait pas mal de raccourcis par rapport au texte original, qui fait 500 pages bien tassées. Car elle va jusqu’au bout de son idée, imaginant les premières fois du jeune Henry et puis ses questionnements sur la paternité et la possibilité de transmettre ce défaut génétique inguérissable. Je n’ai pu m’empêcher de rire en lisant pas mal de scènes, en particulier parce que Henry est bibliothécaire et qu’il se retrouve régulièrement à errer nu au milieu des rayonnages, entraînant rumeurs et suspicion de la part de ses collègues … J’avoue que j’ai eu un petit faible pour ce gentil bibliothécaire qui subit son problème génétique alors qu’il essaye d’avoir une vie normale, et essaye souvent de le prendre avec humour malgré la gravité des situations dans lesquelles il se retrouve.

J’ai seulement trois petits regrets par rapport à ce texte :
le romantisme parfois un peu dégoulinant, mêlant quelques scènes érotiques pas vraiment nécessaires
– le fait qu’Henry est finalement cantonné à des époques proches, comme s’il ne pouvait aller au-delà d’une époque où il n’existe pas encore ou plus. Il n’est fait allusion à aucun moment qu’il ait pu voyager dans un futur ou un passé lointain. Ce qui fait que j’ai davantage été tentée de classer ce texte en romance plutôt qu’en science-fiction, car l’histoire d’amour entre Henry et Clare est central et le moteur principal du récit.
– Autre regret enfin : Niffenegger part du principe qu’on ne peut rien changer au présent, que tout est figé par un déterminisme rigide. Clare et Henry sont donc uniquement spectateurs et non pas acteurs de leur vie, ce que j’ai dû mal à accepter car il me semble que chaque petit changement, en particulier lorsque Henry lui apprend des choses sur son futur, devrait le changer …

Malgré ces défauts, j’ai passé un très bon moment, versant quelques larmes à la fin et regrettant de devoir quitter deux personnages si attachants …
Un bon page-turner que je vous conseille, en anglais ou en français !

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