ballade

Qu’est-ce qui existe de pire qu’un « amour inachevé ? » Dans le petit village des Abruzes où vivent Azaka et sa femme enceinte, on est habitués à voir la terre trembler, mais pas habitués à la « mort collective, violente par-dessus le marché ». En avril 2009, c’est un cataclysme.

Comment dire alors l’inénarrable ? Comment raconter l’horreur, le désespoir ? Louis-Philippe d’Alembert le tente pourtant, à travers cette histoire d’amour qui sera brutalement arrêtée par la Terre prise d’épilepsie. Et il écrit ainsi un roman assez classique où le narrateur crée un parallèle entre le tremblement d’Haïti où il s’est retrouvé enseveli pendant des jours et où il perdra un frère et un père – et celui d’Italie alors même qu’il pensait avoir échappé au malheur …

Mais le sort semble s’acharner sur lui. Alors qu’il essaye de ne pas penser à ce qui est arrivé, il se remémore sa vie, sa rencontre avec sa femme, l’avenir qu’ils avaient planifié.
Et puis on se rend compte que malgré ces horreurs, la vie reprend malgré tout son cours puisqu’on est bien obligés de vivre, de se lever le matin, de ne pas se laisser aller au désespoir …

Mais ce n’est pas qu’une douleur intime : alors que chacun pleure ses morts, les tensions s’accumulent dans la société et en particulier contre les étrangers, les « extracoms », même bien intégrés dans la société comme l’était Azaka. Et les drames s’enchaînent …

Un récit poignant, chargé d’émotions, bien écrit, alliant lyrisme et poésie pour rendre un long cri d’amour, entrecoupé de respirations plus dures les unes que les autres. Un texte qui se lit en une seule fois et nous emmène au cœur d’un drame humain, du deuil, et de la Vie.

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