ovaldé

Maria Cristina est un écrivain reconnu : son premier roman, La Vilaine Sœur, a connu un succès mondial. Elle y décrit la douleur de la perte de sa mère et de sa soeur, dans un accident de voiture. Sans jamais l’avoir dit vraiment, les lecteurs et les médias l’interprètent comme un roman autobiographique. Or un jour Maria Cristina reçoit un coup de téléphone de sa mère, qui lui demande de revenir à la maison pour adopter son neveu, le petit Peepete. Tout le passé lui revient alors en pleine face …

« Les raisons qui lui ont fait choisir cet épilogue-là à son enfance sont multiples. Celle qui me paraît la plus probante est la nécessité qu’elle a ressentie de clôturer l’épisode lapérousien de sa vie et d’inventer quelque chose. »

Roman familial, roman des origines, La Grâce des brigands dépeint le voyage de Maria Cristina pour accepter que le passé ne peut être changé, et qu’elle doit l’accepter, même si elle n’est pas obligée de pardonner …

Avec un style très simple, bien loin d’être fracassant, Véronique Ovaldé parle encore une fois d’enfance maltraitée, et des stigmates que l’on porte jusqu’à l’âge adulte. Comment supporter une enfance sans plaisir, sans distraction ? Comment se détacher d’une mère tyrannique et étouffante ? En fuyant tout simplement ou … en écrivant ! Quand on est écrivain, cela semble plus facile de s’en débarrasser : il suffit d’écrire que l’on est orphelin, que l’on est seul au monde pour finir par s’en convaincre et ne plus envisager d’autre alternative, près de 20 ans après.

Malgré des thèmes a priori intéressants, je n’ai pas été convaincue par ce roman : la plupart du temps, je m’y suis ennuyée, subissant – en serrant les dents – les multiples descriptions de chaque lieu où Maria Cristina passe, dans une habitude de la littérature contemporaine qui a le don de m’exaspérer (je ne m’intéresserai jamais à un héros dont on me dit qu’il va à Francprix et achète des pommes gala …).

Pour autant, j’ai eu un peu d’espoir vers la fin, avant d’être définitivement mise K.O par la dernière page où l’auteur détruit tous nos espoirs de happy end – comme par sadisme – et sans possibilité de rédemption …

Pour conclure, un roman qui m’a paru vide et dont j’ai gardé très peu de souvenirs …

 

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