l'indien blanc

Angel est un métis, mi-Indien mi-Blanc, fruit de l’enlèvement de sa mère par des Indiens, au XVIIIe siècle, dans l’Amérique des colons. Après bien des péripéties au cours desquelles il lutte pour sa survie, il finit par devenir marin sur un bateau partant à la découverte des terres australes du Sud. Il fait le voyage aux côtés de prestigieux savants européens avec lesquels il arrive à communiquer grâce au français inculqué par sa mère. Alors que le bateau touche à des terres inconnues, Angel se retrouve prisonnier d’une étrange tribu à deux bouches, qui le garde, lui et un autre savant, en otage en attendant que leur bateau ramène une rançon. Les deux otages font devoir apprendre à survivre et à se faire accepter …

Beau roman dépaysant pour la jeunesse, le nouveau texte de François Place m’a fait voyager, le temps d’un instant, au fin fonds de ces terres mystérieuses, prises dans les glaces. « C’est un pays compliqué, vous ne trouvez pas ? Il vaut mieux avoir le sang chaud si on ne veut pas y crever de froid, mais il vaut mieux garder la tête froide si on veut éviter l’échauffement du cerveau : car c’est tout ce qu’on gagnerait à trop écouter ses mystères. »

On s’attache rapidement à ce jeune garçon qui tente de se débrouiller dans le monde et fait preuve d’une capacité d’adaptation remarquable, à l’aise aussi bien dans ses terres indiennes qu’auprès des autochtones de l’Antarctique. A la croisée des civilisations et des cultures, la diversité qui est la sienne va lui permettre de relever toutes sortes de défis, et de changer son destin.

Un belle histoire qui donne le goût de l’aventure, tout en nous faisant goûter aux beautés de ce monde, avec lesquelles les tribus sauvages sont plus en phase que nous. Un monde dans lequel la frontière entre réalité et magie peut être mince …

amérique du sud glace

 

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nuages

Amélia est une adolescente comme les autres : un peu boulotte, elle a du mal à trouver sa place, ce qu’elle veut faire. Entre deux parents qui ont beaucoup voyagé dans leur jeunesse – pour faire de l’humanitaire – et qui sont aujourd’hui riches, beaux, elle se trouve d’autant plus mal dans sa peau (« S’ils avaient été moins lumineux, ma mère surtout, peut-être qu’à l’inverse, moi, j’aurais pu l’être un peu plus. ») Jusqu’au jour où sa mère reçoit une étrange lettre venant de Mongolie … et que son père lui propose d’y aller et de travailler un mois pour un centre d’accueil pour enfants abandonnés. Amélia accepte, tout en se demandant pourquoi … Mais tout ne se passe pas comme prévu et elle se retrouve livrée à elle-même à des milliers de kilomètres de chez elle.

Roman d’apprentissage plus contemporain, « Là où naissent les nuages » remplit toutes ses promesses de dépaysement, mais a aussi un côté dérangeant : j’ai apprécié qu’Amélia hésite car elle sait qu’elle va être confrontée à des atrocités qui feront qu’elle aura du mal à se réadapter à sa vie parisienne confortable. Et en effet, ce qu’elle va vivre dépasse ses attentes … Inutile de vous dire qu’elle en reviendra transformée ! Et nous un peu aussi (c’est le signe que ce roman fonctionne : il fait même réfléchir les adultes !) …

Un roman qui plaira assurément aux adolescents : Amélia n’est pas plus courageuse qu’un autre mais elle est finalement pleine de l’énergie et de l’enthousiasme qui correspond à cet âge. Et c’était un plaisir de la rencontrer !

PS : un gros plus avec la couverture, qui est proprement magnifique (c’est en partie ce qui m’a séduit, et je suis contente de ne pas avoir déçue dans mes attentes !).

mongolie

« Une impression d’ailleurs absolu. »

 

En bref, deux beaux coups de cœur de littérature jeunesse, que je ne peux vous conseiller chaudement ! Deux auteurs que je suivrai de près désormais, et dont je lirai avec plaisir les autres œuvres !