La Villa des mystères / Federico Andahazi (2004)

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Il y a quelques mois, en errant dans les allées du Salon du Livre de Paris 2014, je me suis perdue dans les méandres du stand argentin et je me suis tombée sur un intriguant petit roman : La Villa des mystères de F. Andahazi.

Été 1816 : le temps est exécrable sur les rives du lac Léman. Désœuvrées, Lord Byron, Percy et Mary Shelley, Claire Clairmont et le docteur Polidori, hôtes illustres de la villa Diodati, se lancent un défi littéraire : écrire l’histoire gothique ultime, la plus sombre, la plus originale.

Une histoire connue, mais ici réécrite par la plume de Polidori, secrétaire méprisé par Byron, qui rêve d’écrire un chef d’oeuvre, alors qu’il incarne l’être humain dans médiocrité et sa fragilité. Au sein de cette villa terrifiante, il va se mettre à recevoir d’étranges lettres anonymes qui vont soulever le voile sur une sombre histoire inconnue du grand public … qui va inspirer Polidori pour son personnage du Vampire

Court roman, La Villa des mystères m’a laissée sur ma faim : je m’attendais à une réécriture intéressante de cette période littéraire alors qu’en réalité l’auteur nous propose une interprétation un peu écœurante de l’histoire de la littérature, à travers un être ignoble qui aurait inspiré les plus grands écrivains. D’abord happée par ma lecture, j’ai rapidement été dégoûtée et puis j’ai totalement décroché devant le n’importe-quoi que devenait ce roman, le terminant en étant déçue …

Je vais cependant finir sur un point positif car l’auteur invente une machine formidable : la machine à lecture qui analyse si le roman est publiable ou pas ! Il raconte ainsi l’anecdote de l’inventeur de la machine qui se suicida après avoir soumis son propre texte à sa création …

Je me suis ainsi prise à rêver de cette machine qui nous débarrasserait de contenus à jeter, sur le plan spirituel ou formel …

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Pavane / Keith Roberts (1968)

pavane

En 1588, la reine Élisabeth a été assassinée et, dans le même temps, l’Invincible Armada a triomphé de la flotte anglaise. De nos jours, en 1988, l’autorité de l’église catholique s’étend sur la presque totalité du monde, y compris l’Angleterre et sa colonie l’Amérique, freinant assidument tout progrès industriel qui est définitivement stoppé au niveau de la machine à vapeur.

Dès que j’ai lu cette quatrième de couverture, j’ai été alléchée par cette uchronie / dystopie qui analyse l’influence de la religion sur la société : toute notion de progrès est proscrite, les gens vivent comme au Moyen-âge avec des dîmes à verser à l’Église, les châteaux tiennent encore debout. Bref le postulat de l’auteur est clair : religion = féodalité.
Pourtant, petit à petit, des poches de rébellion se forment et la modernité entre malgré tout en Angleterre, remettant irrésistiblement en cause les fondements de l’État catholique, rétrograde et technophobe.

J’ai d’abord été déstabilisée par la forme de ce que je croyais être un roman : 6 récits qui n’ont pas de rapport les uns avec les autres – mais qui prennent malgré tout sens à la fin -, aucun personnage en commun. Je m’attendais donc chapitre après chapitre à comprendre où l’auteur voulait en venir, mais sans y parvenir … Honte à moi (mais cela aurait pu être précisé dans une préface ou dans la quatrième de couverture), c’est en cherchant des informations pour cet article que j’ai appris qu’en réalité Keith Roberts – reconnu comme un grand écrivain de science-fiction – avait publié son œuvre sous forme de 6 nouvelles dans une revue américaine.

Ce qui change – à mon sens – toute la lecture de ce texte, et m’a gâché cette expérience puisque j’attendais à tout moment que les récits se rejoignent et que j’ai fini par rester sur ma faim …

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Mr Vertigo / Paul Auster (1995)

mr vertigo

« Tu ne vaux pas mieux qu’un animal, m’avait-il dit, tu n’es qu’un bout de néant humain. […] Si tu viens avec moi, je t’apprendrai à voler. »

Et le vieux Yehudi tient parole : Walter le rat d’égout devient Walt le prodige de bout en bout. Après un dur apprentissage, Walt connaît le succès, la richesse, les honneurs. Le monde entier est à ses pieds … jusqu’à son adolescence. Commence alors une longue descente aux enfers pour le jeune garçon qui devient Mr Vertigo. Mr Peur-des-hauteurs.

Avec humour, Paul Auster retrace la vie extraordinaire de ce jeune garçon qui va vivre des aventures extravagantes, nous promenant dans l’Amérique violente et misérable des années 1920 : cela donne un roman surprenant, à la fois drôle et émouvant, historique et surréaliste. Un beau roman d’apprentissage et d’amitié (mais sans plus !).