La Chambre de Lautréamont / Edith et Corcal

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Préférant, par paresse et facilité, être un pisse-copie plutôt qu’un poète sans le sou, Auguste Bretagne est feuilletoniste à la « Gazette de Paris ». Ce manque d’ambition littéraire provoque la risée des membres du Cercle des poètes zutistes (Rimbaud, Verlaine, les frères Cros…), qui ne manquent pas de multiplier à son insu des blagues d’un goût douteux.

Pour y échapper, Auguste se réfugie dans sa chambre, un endroit d’exception, un lieu extraordinaire : Isidore Ducasse, comte de Lautréamont y vécut et y mourut à l’âge de 24 ans. « Chaque atome de cette pièce est imprégné de sa présence ». C’est là qu’Auguste et Rimbaud vont vivre une expérience extraordinaire …

Roman graphique proche du gothique, cette œuvre est plus qu’atypique : récit fantastique dans la veine des nouvelles de Gautier et de Poe, elle nous transporte au cœur d’un Paris sombre, un Paris artistique et torturé qui cherche à accoucher d’une modernité qui n’est pas reconnue. A coup d’hallucinogènes et de drogues, les jeunes artistes – qui sont désormais mondialement connus – tentent d’échapper à la monotonie et à la misère en rêvant et en écrivant. Le surréalisme est proche …

Un roman graphique qui donne envie de se plonger dans l’œuvre hallucinée de Lautréamont, Les Chants de Malrodor.

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Le promeneur / Jiro Taniguchi

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Un homme marche dans les rues japonaises. S’étant fait voler son vélo, il est obligé de se déplacer à pied. Rapidement il se rend compte qu’il ne connaît pas sa ville, étant toujours pressé de faire le trajet entre son travail et chez lui. Il découvre des rues, des échoppes, il redécouvre des lieux de son enfance. De promenades en promenades il apprend à voir les choses différemment, il goûte de nouvelles saveurs, visite des lieux insolites. Avec nostalgie, il prend conscience du gouffre entre l’ancien et le moderne qui efface petit à petit les vestiges du passé.

L’œuvre de Taniguchi est tout en finesse, à travers un trait moderne mais en noir et blanc. De quoi être transporté, le temps d’une bande dessinée, dans un autre monde, qui n’existe plus.

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Les cerfs-volants de Kaboul / Khaled Hosseini, Fabio Celeni et Mirka Antelfo

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Roman lu il y a quelques années maintenant, Les cerfs-volants de Kaboul fait partie des livres que l’on n’oublie pas : le genre de bouquin qui prend aux tripes et qui nous laisse essoufflés, la dernière page tournée. C’est pour ça que j’ai saisi l’occasion de le voir adapté en bande dessinée pour le relire … J’y ai donc découvert en images la ville du jeune Amir, qui se souvient de l’été de ses douze ans, alors que son plus grand plaisir est de faire voler son cerf-volant, que son jeune ami et domestique Hassan va chercher encore et encore. C’est cet été que la vie des deux garçons a basculé. Quelques années plus tard, un coup de fil annonce à Amir qu’il peut se racheter … Ce dernier, émigré américain désormais, replonge donc dans les rues de son enfance, pour y découvrir l’Afghanistan contemporain, meurtri, qui n’a plus aucun rapport avec ce qu’il a connu.

La bande dessinée dépeint bien la beauté de l’enfance d’Amir, contrastant avec la réalité quand il y revient, adulte. On y découvre avec plaisir les deux bouilles des héros, et on y pleure avec eux.

Khaled Hosseini, auteur de romans (best-sellers) magnifiques  mais rares – 3 en 10 ans – a le don pour nous plonger jusqu’au cou dans des réalités que l’on refuse parfois de voir. En même temps il nous offre une belle leçon de vie, d’amitié et de repentir.

A découvrir, en roman ou en bande dessinée !

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Le train des orphelins / Charlot et Fourquemin

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A la fin du XIXe siècle, les villes de l’Est des Etats-Unis connaissent tous les mêmes problèmes : des gamins des rues qui se multiplient, des orphelinats surbookés et pas assez de familles d’accueil. Le gouvernement lance alors un programme ambitieux : trouver des familles d’accueil à l’Ouest où la conquête nécessite des bras supplémentaires. Les enfants sont donc déplacés dans des trains qui se vident au fur et à mesure des arrêts dans les petits colonies agricoles de l’Ouest.

Jim, son frère et sa petite soeur font partie des premiers convois, et ils vont devoir lutter pour ne pas être séparés. Mais c’est sans compter la rouerie d’un autre orphelin qui va changer leurs vies à jamais …

Les deux premiers tomes racontent l’histoire de Jim, les deux suivants celle de son frère.

Aventure extraordinaire qui laisse un goût amer dans la bouche, Le Train des orphelins déroule une histoire fascinante méconnue du grand public.

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L’envolée sauvage / Galandon et Monin

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Simon est orphelin durant la Seconde guerre mondiale, ce n’est déjà pas facile. Mais quand on est un petit Juif de 10 ans, je vous laisse deviner les difficultés qu’il va rencontrer … Fort heureusement il va être recueilli et soutenu par de bonnes âmes. Cependant, de sombres heures attendent le petit garçon … des heures seulement égayées par sa passion pour les oiseaux, qui le sauveront.

Une bande dessinée de facture assez classique mais très agréable graphiquement. On suit les aventures de Simon avec intérêt, sans pouvoir s’arrêter. Les deux tomes de son histoire sont suivis par deux autres qui racontent celle de son amie Anna.